Les images ont fait le tour du monde : des centaines de militants pro-Trump ont envahi et saccagé le Capitole mercredi soir à Washington. Alors que le bilan actuel fait état de 4 morts et 52 interpellations, il a largement été reproché aux forces de l'ordre une certaine complaisance envers les manifestants présents dans le bâtiment. L'un d'entre eux a même été filmé en train de prendre un selfie avec un partisan de Trump durant l'insurrection.


Sur les réseaux sociaux, les militants Black Lives Matter (BLM) se sont indignés de la gestion de l'émeute, en la comparant à celle des manifestations pour les droits civiques de l'été dernier. En mai 2020, la mort de George Floyd avait plongé les États-Unis dans un mouvement sans précédent. Les centaines de manifestations qui en avaient découlé avaient été réprimées dans la violence.

Le rassemblement du 2 juin 2020, devant le Lincoln Memorial à Washington, est particulièrement évoqué par les défenseurs des droits civiques. Des membres de la garde nationale armés avait été déployés en force face au sitting pacifique des militants Black Lives Matter.

Ce mercredi, les manifestants ont eu le temps de pénétrer dans l'enceinte du Capitole avant que la garde nationale de Washington ne soit déployée, alors qu'ils étaient déjà rassemblés devant le bâtiment durant l'après-midi.

Le Black Lives Matter global network s'est donc indigné de la réaction tardive des forces de l'ordre dans un communiqué, relayé par CNN. "Lorsque les Noirs protestent pour leur vie, ils sont trop souvent accueillis par des troupes de la garde nationale ou des policiers équipés de fusils d'assaut, de boucliers, de gaz lacrymogènes et de casques de combat", a écrit le groupe. "Ne vous y trompez pas, si les manifestants étaient noirs, ils auraient été gazés avec des gaz lacrymogènes, battus et peut-être fusillés."

Que se serait-il passé si les manifestants n'avaient pas été blancs ? C'est la question que beaucoup posent sur Twitter, jugeant que la réaction des forces de l'ordre auraient été bien moins clémente.


"Nos militants sont toujours confrontés à une violence hyper-policière", se désole Chanelle Helm auprès du Washington Post. "Et aujourd'hui, vous voyez cette émeute - littéralement un coup d'État. La police savait que cela allait arriver et ils l'ont simplement laissé se produire. Voilà à quoi ressemble la suprématie blanche", témoigne le militant qui a aidé à organiser des manifestations BLM à Louisville.