L'avocat de Donald Trump avait affirmé que les machines électorales de la société Dominion Voting Systems avaient contribué à "voler l'élection" au président républicain: celle-ci a attaqué lundi en justice Rudy Giuliani pour diffamation, lui réclamant 1,3 milliard de dommages et intérêts pour avoir nui à sa réputation et mis en danger ses employés.

Dans une plainte déposée lundi au tribunal fédéral de la capitale Washington, Dominion Voting Systems accuse l'ex-maire de New York d'avoir été l'un des principaux propagateurs du "Grand mensonge", théorie complotiste selon laquelle cette société, l'un des principaux fabricants de machines et logiciels pour les élections américaines, aurait truqué le scrutin pour "renverser" des votes destinés au président sortant et les attribuer à son rival démocrate Joe Biden.

La plainte de 107 pages cite d'innombrables déclarations de Rudy Giuliani en ce sens: lors de ses apparitions à la télévision, dans son émission sur Youtube, sur Twitter, lors d'une conférence de presse mémorable mi-novembre. Il avait affirmé que la société, fondée au Canada, appartenait à des proches du de l'ex-président vénézuelien Hugo Chavez.

Bien que de nombreux tribunaux eurent jugé ces accusations infondées, M. Giuliani les avait répétées le jour de l'assaut du Capitole, et jusqu'à ce week-end, souligne la plainte.

Surtout, des millions de personnes y ont cru, et y croient toujours.

"Suite à cette campagne virale de désinformation, l'entreprise et ses employés ont été pris pour cibles, recevant des menaces d'emprisonnement et des menaces de mort", souligne la plainte, en citant là encore des tweets en ce sens.

La société affirme aussi que ses contrats avec près d'une trentaine d'Etats et des centaines de comtés américains "sont menacés". Elle estime qu'elle pourrait y perdre quelque 200 millions de dollars de bénéfices sur les cinq prochaines années.

M. Giuliani, 76 ans, menacé par ailleurs d'exclusion du barreau new-yorkais, n'a pas immédiatement réagi à la plainte.

Dominion avait début janvier déjà attaqué en justice une autre avocate de Donald Trump, Sidney Powell, pour les torts causés par ces théories complotistes, lui réclamant 1,4 milliard de dollars. M. Giuliani avait affirmé le 22 novembre qu'elle ne travaillait plus pour Donald Trump.

Contactée, Dominion n'a pas immédiatement précisé si d'autres attaques en justice étaient prévues.