Sous le coup d’une nouvelle procédure de destitution, le président déchu semble devenir infréquentable pour les dirigeants de ce sport.

Dimanche, la PGA (circuit professionnel de golf) d’Amérique a décidé de ne pas organiser le Championnat 2022 au Trump National à Bedminster, dans le New Jersey. "Notre marque était en jeu", a justifié Seth Waugh, le directeur général de l’instance organisatrice du tournoi du Grand Chelem. Ce parcours a été choisi en 2014 par la PGA d’Amérique. Qui a fait donc machine arrière, plus pour des raisons commerciales et d’image que politiques.

Ce n’est pas la première fois que les instances du golf américain prennent leurs distances avec Trump.

En 2015, la Fédération américaine avait annulé le PGA Grand Slam au Trump National de Los Angeles, après que celui-ci eut tenu des propos désobligeants sur les immigrants mexicains. Et en 2016, le circuit PGA avait décidé de déplacer une étape du Championnat WGC 2017 au Mexique, au lieu du club Doral, propriété de Trump à Miami.

Lundi, la R&A, l’instance dirigeante du golf mondial, a annoncé que le complexe Trump Turnberry, en Écosse, où s’est déjà tenu plusieurs fois le British Open, n’accueillerait pas de sitôt ce Majeur. Turnberry et Bedminster font partie d’une liste de 17 parcours dont Trump est le propriétaire à travers le monde.

Le futur ex-président est "un tricheur notoire au golf", selon Rick Reilly, auteur du livre Commander in Cheat. Il a notamment croisé les fers avec Tiger Woods et Rory McIlroy, qui ont eu après coup du mal à assumer ces "tee parties". "C’est le président des États-Unis. On peut aimer, ne pas aimer sa personnalité ou sa politique, mais nous devons tous respecter la fonction", s’était défendu Woods en 2018 ; un an plus tard, il s’est vu remettre la Médaille présidentielle de la liberté des mains de Trump.

McIlroy, qui a aussi joué avec le milliardaire en 2017, a assuré qu’il "ne le referait probablement pas". "La journée a été très agréable. Il est charismatique et a été gentil avec tout le monde… Mais cela ne veut pas dire que je suis d’accord avec tout ce qu’il dit."

Trump compte néanmoins des partisans, dont le légendaire Jack Nicklaus, vainqueur de 18 Majeurs, qui a voté pour le candidat républicain.

Jeudi dernier, au lendemain des incidents de Washington, Trump a remis d’autres Médailles de la liberté à deux anciens champions, la Suédoise Annika Sorenstam, qui a aussi soutenu sa candidature, et le Sud-Africain Gary Player. Ils ont aussitôt été critiqués pour avoir accepté d’être ainsi honorés.