L’annonce, par les grands médias américains, de la victoire de Joe Biden dans la joute présidentielle a provoqué une véritable avalanche de félicitations. Comme si la plupart des dirigeants du monde entier attendaient le moindre signal pour s’empresser de fermer la parenthèse Trump - et s’assurer ainsi qu’elle ne se prolongera pas. Ils n’ont a contrario pas montré beaucoup de considérations à l’égard des réserves émises par Donald Trump lui-même, pour qui l’élection présidentielle n’a pas encore livré son verdict.

Le président français Emmanuel Macron a été parmi les premiers, samedi, à féliciter Joe Biden pour son élection à la présidence des États-Unis. "Félicitations Joe Biden et Kamala Harris !, a-t-il tweeté. Nous avons beaucoup à faire pour relever les défis d’aujourd’hui. Agissons ensemble !"


Partenariat transatlantique

La majorité des dirigeants européens ont emprunté par la suite le même ton réjoui. La chancelière allemande Angela Merkel s’est félicitée de la victoire de Joe Biden. "Je lui souhaite de tout mon cœur chance et succès", s’est réjouie la dirigeante. "Notre amitié transatlantique est irremplaçable si nous voulons surmonter les grands défis de notre temps", a-t-elle ajouté comme pour signifier qu’elle espérait le retour à des relations plus apaisées entre membres de l’Otan. C’est, du reste, le sens du message qu’ont envoyé les deux principaux responsables des institutions européennes, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission et Charles Michel, le président du Conseil. "L’UE est prête à s’engager pour un partenariat transatlantique solide. Covid-19, multilatéralisme, climat et commerce international sont des défis à affronter ensemble", a tweeté Charles Michel.


Même satisfaction teintée d’espoir en Belgique. Félicitant le nouveau ticket présidentiel américain, le Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) a souligné la présence, aux côtés de Joe Biden, de Kamala Harris en qui il voit "un formidable exemple et un rôle modèle important pour les jeunes filles à travers le monde, leur prouvant que filles et garçons ont les mêmes droits et les mêmes chances". Même le Premier ministre anglais, Boris Johnson, avec qui Joe Biden a eu des échanges plutôt tendus récemment, y est allé de son tweet de félicitations. "Les États-Unis sont nos alliés les plus importants et j’ai hâte de coopérer étroitement sur nos priorités communes, du changement climatique au commerce et à la défense", a-t-il dit.


Hors Europe, les messages de félicitations n’ont pas manqué non plus. Le message le plus enthousiaste vient sans doute d’Inde. Le Premier ministre a félicité Joe Biden, mais aussi Kamala Harris dont la maman est d’origine indienne.

Le silence de Poutine

Le ton était plus contenu mais pas moins chargé d’espoir en Iran. "Le futur gouvernement américain a maintenant une occasion de se rattraper après les erreurs passées et de revenir sur la voie de l’adhésion aux engagements internationaux et au respect du droit international", a déclaré le président iranien Hassan Rohani, faisant référence à la dénonciation de l’accord sur le nucléaire par l’équipe de Donald Trump.

Le ton louangeur du message adressé "à son ami de 40 ans" par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu - qui avait soutenu le candidat Trump durant la campagne - était sans doute davantage forcé. Mais au moins le dirigeant israélien lui en a-t-il envoyé un. Dimanche, ce n’était toujours pas le cas du président russe Vladimir Poutine, manifestement peu disposé à féliciter un homme jugé par certains en Russie plus "dangereux" que son prédécesseur.V.R. (Avec AFP)