Les premiers résultats des élections présidentielles ne devraient nous parvenir qu’au petit matin. Le résultat est traditionnellement assez net dès les premières heures de la matinée. En 2016, Donald Trump était monté sur scène pour prononcer son discours de victoire vers 4 heures du matin. Mais cette année, le vote par anticipation ou par correspondance pourrait ne permettre de connaître l’issue du scrutin que plusieurs heures, plusieurs jours, voire plusieurs semaines plus tard.

Le vote massif par correspondance risque de perturber l’annonce des résultats. En 2016, environ 139 millions d’Américains ont voté, dont 33 millions par correspondance. Cette année, la participation pourrait dépasser les 150 millions d’électeurs, dont plus de 93 millions par anticipation.

Lors des élections récentes , environ 1 % des bulletins envoyés par la poste ont été refusés, une proportion qui pourrait être plus élevée cette fois. Cela signifierait des centaines de milliers de bulletins invalidés ou contestés. En 2000, la victoire du républicain George W. Bush sur Al Gore s’était jouée avec une différence de 537 bulletins en Floride.

En 2016, Hillary Clinton avait obtenu plus de voix que Donald Trump mais celui-ci avait raflé la plupart des Swings States . Il obtenait ainsi plus de grands électeurs que son adversaire. Ce n’était pas une première : John Quincy Adams (1824), Rutheford B. Hayes (1876), Benjamin Harrison (1888) et George W. Bush en 2000 avaient "réalisé" le même "exploit" de perdre en termes de voix à l’échelle du pays mais de remporter le scrutin grâce au nombre de grands électeurs.

Selon un récent sondage du Pew Research Institute, 61 % des Américains estiment qu’il serait temps de passer à un système d’élection au suffrage universel du président américain, en ne prenant comme critère que le vote à l’échelle fédérale sans la pondération des États. Une écrasante majorité des Démocrates sont pour, une écrasante majorité des Républicains sont contre. Peu de chances qu’il y ait un accord rapide.

Quoi qu’il arrive, il faudra attendre début janvier (le 6 janvier 2021, cette fois) pour, qu’à l’issue du décompte officiel des votes, le Congrès annonce solennellement le nom, connu depuis des semaines, du président élu.

Fait rarissime, le patronat américain n’a pas caché sa crainte de se retrouver devant un blocage majeur après le scrutin. "Des dizaines de millions d’Américains vont voter par correspondance lors de ce scrutin, et il faudra peut-être des jours, voire des semaines, avant que le résultat ne soit confirmé", ont ainsi rappelé sept organisations patronales et fédérations professionnelles le 30 octobre dans un message commun qui appelle à respecter le processus électoral.

Ces craintes liées à un retard devraient pourtant être relativement circonscrites par les lois américaines. En effet, la Constitution américaine prévoit un calendrier précis pour la désignation officielle et formelle du vainqueur. Le vote des grands électeurs doit ainsi intervenir le "premier lundi après le deuxième mercredi de décembre", soit le 14 décembre cette année. Et toute contestation au sein des États doit avoir été tranchée au moins six jours avant ce vote, soit le 8 décembre.

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La liste des 10 Etats indécis qu vont arbitrer le duel Biden -Trump : 

  • Minnesota
  • Wisconsin
  • Iowa
  • Michigan
  • Pennsylvanie
  • Caroline du Nord
  • Géorgie
  • Floride
  • Texas
  • Arizona