"Moi, Joseph Robinette Biden Jr, je jure solennellement que j’accomplirai loyalement les fonctions de président des États-Unis et que je ferai de mon mieux pour préserver, protéger et défendre la Constitution des États-Unis", a-t-il déclaré, selon la formule consacrée, la main posée sur la bible familiale, face au président de la Cour suprême, John Roberts.

"Un jour nouveau se lève sur l’Amérique", avait tweeté peu avant celui qui est devenu à 78 ans le président le plus âgé au début de son mandat.


L’émotion de Kamala Harris

La journée restera dans les livres d’histoire aussi en raison de l’accession, pour la première fois, d’une femme à la vice-présidence de la première puissance mondiale. L’ex-sénatrice noire et d’origine indienne Kamala Harris, 56 ans, a prêté serment juste avant Joe Biden, en présence de leurs époux respectifs, Doug Emhoff et Jill Biden.

Fait sans précédent depuis 150 ans, le président sortant, Donald Trump, a boudé la cérémonie d’investiture de son successeur.


"Rassemblement" et "réconciliation"

Le 45e président de l’histoire américaine, qui a, pendant les quatre années de son mandat, piétiné tous les usages et, pendant plus de deux mois, refusé d’accepter sa défaite, a quitté mercredi matin la Maison-Blanche sans avoir rencontré Joe Biden.

Il a néanmoins laissé une lettre pour le nouveau président, dont la teneur n’a pas été dévoilée.

Contrairement à Donald Trump, son vice-président, Mike Pence, et les ex-présidents Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton étaient, eux, aux premières loges durant ce moment fort de la démocratie américaine avec un dispositif de très haute sécurité qui rendait la capitale fédérale américaine méconnaissable.

Joe Biden, costume sombre et cravate bleu ciel, masqué à son arrivée comme tous les invités, a échangé un salut poing contre poing avec Barack Obama, dont il fut le vice-président.

La star de la pop Lady Gaga a entonné l’hymne national, vêtue d’une volumineuse robe rouge et noir et arborant une grande broche dorée représentant la colombe de la paix. Puis Jennifer Lopez a chanté "This land is your land" ("Ce pays est ton pays").


Le Démocrate accède à la présidence après un demi-siècle en politique avec l’intention de marquer dès le premier jour le contraste - sur le fond comme sur la forme - avec l’ex-homme d’affaires de New York.

Image symbolique pour la "réconciliation" et le "rassemblement" qu’il entend incarner, il a assisté mercredi matin à une messe à la cathédrale Saint-Matthieu de Washington accompagné des chefs démocrates et républicains du Congrès.

"Nous n’avons pas une seconde à perdre pour faire face aux crises auxquelles nous sommes confrontés", avait-il prévenu mardi soir.

Dès mercredi, il a pris dix-sept décisions présidentielles pour revenir sur les mesures phares de l’ère Trump, en engageant notamment le retour des États-Unis dans l’accord de Paris sur le climat et au sein de l’Organisation mondiale de la santé.

Face au Covid-19 qui a fait plus de 400 000 morts aux États-Unis mais a été constamment minimisé par son prédécesseur républicain, le Démocrate signera un décret pour rendre obligatoire le port du masque dans les bâtiments fédéraux, appelant aussi tous les Américains à l’endosser pendant 100 jours.


Pas de foule mais des drapeaux

Cette journée de consécration pour Joe Biden s’est déroulée dans un climat très particulier, sous l’effet combiné de la pandémie et du traumatisme encore frais des violences du Capitole qui ont fait cinq morts.

Quelque 25 000 soldats de la Garde nationale et des milliers de policiers venus de tout le pays étaient déployés.

Loin des foules immenses qui se pressent traditionnellement sur l’immense esplanade du National Mall pour voir leur nouveau président, Joe Biden a fait face à plus de 190 000 drapeaux plantés pour représenter ce public absent.

De hautes grilles, parfois surmontées de barbelés, protégeaient la "zone rouge" entre la colline du Capitole et la Maison-Blanche.

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