"J'ai largement gagné", "les démocrates ont triché"... Ces phrases, Donald Trump les répète presque quotidiennement depuis plus de deux semaines. Alors que les médias américains annonçaient la victoire de Joe Biden à la présidentielle le samedi 7 novembre, l'actuel locataire de la Maison-Blanche n'a toujours pas changé de ton depuis lors, multipliant les accusations et les procédures judiciaires pour dénoncer un scrutin qu'il considère comme truqué. Un comportement qu'a encore regretté Joe Biden, ce jeudi 19 novembre, lors d'un point presse à Wilmington, dans le Delaware. "Je pense que les Américains sont les témoins d'une incroyable irresponsabilité, de messages incroyablement préjudiciables envoyés au reste du monde sur le fonctionnement de la démocratie", a estimé le président élu. "Je ne connais pas ses motivations mais je pense que c'est totalement irresponsable." Dans le camp de Donald Trump, certains ont également émis des doutes quant à la pertinence des actions du milliardaire et à ses chances de remporter le scrutin présidentiel. C'est pourquoi certains collaborateurs ont tenté de débuter une transition de pouvoir pacifique en toute discrétion avec l'équipe de Joe Biden.


La vengeance, un plat qui se mange froid ?

Mais ils ne seraient pas les seuls à ne plus croire en une victoire du locataire de la Maison-Blanche qui aurait lui-même reconnu auprès d'un allié qu'il avait perdu. En effet, comme le rapporte CNN, l'actuel président américain aurait confié ne pas vouloir concéder sa victoire et semer le doute quant aux résultats de l' élection dans un geste de vengeance par rapport au comportement des démocrates lors de la présidentielle de 2016. Cela n'aurait désormais plus rien à voir avec un quelconque espoir d'avoir réellement gagné. Le magnat de l'immobilier ne digérerait tout simplement pas les accusations dont il avait fait l'objet, concernant une interférence de la Russie dans le scrutin en 2016. Selon ces soupçons, les Russes auraient participé à la divulgation d'e-mails d'Hillary Clinton, 10 jours avant la date fatidique du 8 novembre, et auraient joué un rôle important dans sa défaite.

Mais si la démocrate avait bel et bien concédé sa défaite quelques heures après l'annonce des résultats malgré les soupçons, le "Russiagate" a fait l'objet d'une enquête et a lourdement entaché la présidence du républicain. D'où sa volonté de plomber à son tour l'entrée en fonction de Joe Biden avec des accusations pour lesquelles il n'a toutefois pas pu, pour sa part, apporter de preuves tangibles.  

Une véritable humiliation   

Au-delà de cet esprit de vengeance, le milliardaire de 74 ans éprouverait beaucoup de difficultés, selon CNN, à admettre sa défaite face à un adversaire qu'il avait qualifié d'"indigne". Trump avait été jusqu'à dire pendant la campagne qu'une victoire du démocrate représenterait une véritable humiliation à ses yeux. 

Plusieurs collaborateurs ont toutefois essayé de le ramener à la raison, lui demandant d'accepter sa défaite ou d'au moins permettre une transition de pouvoir harmonieuse. Mais jusqu'à présent, rien n'y ferait. Les mises en garde, quant à des conséquences désastreuses sur le pays ainsi que sur son propre avenir, ne semblent pas impressionner l'actuel locataire de la Maison-Blanche qui est décidé à poursuivre son combat juridique.