"Je vais refuser votre proposition de soutenir un candidat", a déclaré M. Mattis lors d'une conférence en ligne organisée par l'Institut Lowy de Sydney (Australie), enchaînant sur une boutade: "La langue des généraux à la retraite doit aussi prendre sa retraite pendant la période électorale."

Mais le général quatre étoiles ne s'est pas privé de détailler les qualités dont devrait selon lui faire preuve le président.

"Ce que je chercherais chez un leader est la compétence et la compassion", a-t-il dit. "Je regarderais le caractère et la compétence, la compassion, l'empathie à l'égard de la population, de toute la population."

La gestion de l'épidémie de coronavirus vaut à Donald Trump de très vives critiques, de la part de ses adversaires mais aussi de scientifiques et de certains élus de son propre camp. Il est notamment accusé d'avoir manqué de compassion à l'égard des 216.000 Américains décédés du virus, et pour tous les travailleurs hospitaliers qui se battent depuis février.

M. Mattis avait démissionné avec fracas en décembre 2018 au lendemain de l'annonce par le président Trump d'un retrait unilatéral total de Syrie, sans concertation avec les alliés de Washington dans la lutte contre le groupe djihadiste Etat islamique.

Jeudi, il a cité la promesse de l'ancien président américain Harry Truman d'être "le président de ceux qui n'ont pas voté pour lui", une formule qui a été plusieurs fois reprise ces derniers jours par le candidat démocrate Joe Biden, dans le but d'attirer à lui les indécis.

Après sa démission, M. Mattis avait été vivement critiqué par les démocrates pour son silence sur la politique du président Trump, et pour éviter les questions politiques en dépit de sa position passée au sein de l'administration.