Un à un, les Etats-clés certifient leurs résultats en faveur de son rival. Un à un, les recours en justice de l'équipe Trump échouent, parfois rejetés avec impatience par les juges, faute de fondement. Mais rien n'y fait.

Voilà plus de deux semaines que le démocrate Joe Biden a été déclaré vainqueur de la présidentielle américaine mais le président sortant refuse d'admettre publiquement qu'il a perdu, et devra lui laisser sa place à la Maison Blanche le 20 janvier.

Rien ne figurait à son agenda officiel mercredi mais en coulisses, un voyage se préparait dans l'Etat-clé de Pennsylvanie, qui a certifié la veille la victoire de son rival.

Le milliardaire républicain devait rejoindre son avocat haut en couleur Rudy Giuliani à Gettysburg pour une commission sénatoriale de cet Etat sur des "problèmes" supposés lors du scrutin du 3 novembre, selon plusieurs médias américains.

Aucune fraude massive n'a été démontrée lors de la présidentielle américaine. Et Donald Trump apparaît de plus en plus isolé dans le camp républicain, y compris chez les grandes voix médiatiques conservatrices, dans son "combat" contre le résultat officiel.

Alors qu'elle s'apprêtait à partir, l'équipe de journalistes qui suit le président a été informée que ce voyage avait été annulé.

Faute d'informations, les spéculations étaient allées bon train sur ce qui aurait été la première grande sortie de Washington de Donald Trump depuis l'élection présidentielle américaine. Certains évoquant même une prochaine annonce de candidature pour la présidentielle de 2024.

En face, Joe Biden devrait donner un discours en début d'après-midi, avant le long week-end de Thanksgiving, pour dire aux Américains "que nous sortirons ensemble de la crise actuelle", selon son agenda.

Briefings top secret

Malgré son déni, Donald Trump a autorisé lundi soir l'ouverture du processus de transfert du pouvoir. Et bien que les deux hommes ne se soient toujours pas parlé, Joe Biden avance vers le Bureau ovale.

Concrètement, ce feu vert a permis à l'équipe Biden de commencer à recevoir des informations de première main de la part de l'administration Trump.

Un élément crucial pour permettre au démocrate d'organiser une arrivée sans trop d'accrocs à la Maison Blanche alors que le pays est aux prises avec plusieurs crises: la pandémie de Covid-19, qui a fait plus de 260.000 morts et terrassé l'économie, mais aussi un mouvement historique de protestation contre le racisme.

Les premières réunions concernant le Covid-19 ont lieu mercredi, selon l'équipe Biden. Et ce dernier devrait finalement avoir accès aux informations classées secret défense lundi.

Il est d'usage que le président élu reçoive ces briefings quotidiens peu après l'annonce de sa victoire. Mais Donald Trump a bloqué jusqu'à lundi cet accès, malgré la victoire du démocrate annoncée le 7 novembre.

"Nous n'allons pas être aussi en retard que nous le pensions", a tempéré Joe Biden sur NBC mardi, soulignant qu'il lui restait deux mois pour se préparer.

Équipe économique

"L'Amérique est de retour" sur la scène mondiale, a-t-il martelé en présentant, mardi, les premiers grands noms de son futur gouvernement. Dont Antony Blinken, ancien de l'administration de Barack Obama qu'il a choisi comme prochain chef de la diplomatie.

Son message est clair: le multilatéralisme est de retour après quatre années d'"Amérique d'abord" prônée par Donald Trump.

Il a souligné sur NBC s'être déjà entretenu avec plus de vingt dirigeants, tous "enthousiastes à l'idée que l'Amérique réaffirme son rôle dans le monde, et construise des coalitions".

Le président chinois Xi Jinping l'a félicité dans un télégramme cité mercredi par les médias d'Etat à Pékin.

"L'élection est terminée", a lancé mercredi la porte-parole de Joe Biden, Kate Bedingfield. "Pratiquement tout le monde sur Terre a accepté la vérité à l'exception de Donald Trump et de Rudy Giuliani."

De nouveaux grands noms du gouvernement Biden seront annoncés la semaine prochaine, a-t-elle précisé, "y compris son équipe économique".