La Cour nationale de justice de l'Équateur a confirmé en appel lundi la condamnation à huit ans d'emprisonnement de l'ex-président socialiste Rafael Correa, résidant en Belgique, pour une affaire de corruption sous son gouvernement (2007-2017), rapporte l'agence de presse EFE.

Après plusieurs semaines de délibération, le tribunal a confirmé la sentence proclamée en première instance pour M. Correa et 17 autres personnes impliquées, dont des ex-ministres, des chefs d'entreprise, une parlementaire et l'ancien vice-président Jorge Glas. La justice équatorienne ordonne aussi que l'ancien président Correa verse une indemnisation en tant qu'"auteur" du délit, dans une affaire de pots-de-vin versés par des entreprises en échange de contrats, dont le géant du BTP Odebrecht. Toutefois le Parquet n'a pas enquêté sur ce groupe brésilien en tant que tel.

Rafael Correa, qui a toujours affirmé être victime d'une persécution politique avec la complicité de magistrats, a dénoncé la décision, qualifiant de "ridicules" le dossier et la condamnation. Il voit dans cette affaire "une des pages les plus sombres de l'histoire de la Patrie". Il s'est toutefois montré résigné, affirmant qu'il "fallait s'y attendre, même si c'est difficile à croire", dans des messages postés sur twitter.

M. Correa a en outre précisé qu'il n'était pas "exilé" en Belgique mais que sa famille était binationale, et qu'il résidait donc dans le royaume en toute légalité.

Les 18 personnes condamnées, dont M. Correa, ont toujours la possibilité de se pourvoir en cassation.

La veille, le parti fidèle à Rafael Correa, Fuerza Compromiso Social, avait été suspendu par le Conseil national électoral (CNE) pour irrégularités dans la procédure d'enregistrement, et ne pourra donc pas participer aux élections présidentielle et législatives de 2021.