"Malgré les risques sanitaires liés à la pandémie, Joe Biden veut faire venir 700% de réfugiés supplémentaires de Syrie et Somalie", affirme une vidéo aux accents dramatiques, dans différentes versions du même message, qui a pu être lu ou visionné par des centaines de milliers de personnes depuis lundi avant d'être retiré par le réseau social.

"Nous avons rejeté ces publicités parce que nous n'autorisons pas les affirmations selon lesquelles l'intégrité physique, la santé ou la survie des gens puissent être menacées par des personnes sur la base de leur origine nationale ou de leur statut d'immigrant", a expliqué Facebook, faisant référence à ses propres règles sur les publicités.

Le groupe californien s'est en bonne partie éloigné de la doctrine affichée à l'automne dernier par son patron Mark Zuckerberg, qui ne voulait pas censurer les propos des hommes et femmes politiques (sauf en cas d'appel à la violence ou au terrorisme, entre autres) au nom de la liberté de chaque électeur à se faire soi-même une opinion sur les candidats.

Contrairement à Twitter et d'autres plateformes, Facebook n'interdit d'ailleurs pas les publicités à caractère politique.

Mais l'accumulation des provocations du président américain à l'approche des élections du 3 novembre et l'indignation de la société civile et d'élus calomniés ont forcé le géant des réseaux sociaux à faire des concessions.

Plusieurs messages de Donald Trump ont ainsi été signalés comme trompeurs, notamment sur le vote par correspondance, que le président considère comme un véhicule de fraude. Or Facebook, Twitter, YouTube et les autres ont mis en place des politiques strictes contre toute tentative de décourager les électeurs de voter par la méthode de leur choix.

Facebook a aussi retiré en juin des publicités de la campagne républicaine, qui s'attaquaient à l'extrême-gauche et affichaient un triangle rouge inversé, le symbole utilisé par les nazis pour désigner les prisonniers politiques dans les camps de concentration.

Depuis des mois, le réseau a durci ses règles de modération en général, notamment pour parer au risque que la plateforme soit utilisée pour contester les résultats du vote.

"La semaine dernière nous avons annoncé l'interdiction des publicités comportant des déclarations de victoire prématurées. Nous n'autoriserons pas non plus les publicités avec des contenus qui cherchent à discréditer le résultat d'une élection", a tweeté mercredi Rob Leathern, directeur de projet chez Facebook.