Amérique La jeune égérie de la lutte contre le réchauffement climatique a mis le cap sur New York ce mercredi, à bord d'un voilier de course zéro carbone. Mais une fois aux États-Unis, Greta Thunberg prendra-t-elle la peine de rencontrer le président Donald Trump?

Skippée par un membre de la famille princière monégasque, Greta Thunberg est en route vers le sommet mondial de l'ONU, prévu le 23 septembre prochain. Si le grand départ sonne si tôt dans l'agenda de la jeune militante de la cause climatique, c'est parce que son moyen de transport mettra environ deux semaines à parcourir l'Atlantique. Elle s'apprête à embarquer sur un voilier de course zéro carbone, à l'intérieur duquel la douche, le frigo ou encore la climatisation ne feront pas partie du voyage. Des conditions peu confortables, mais qui lui permettront de porter son combat avec force, une fois à New York. Une bataille qu'elle mène contre les climato-sceptiques, afin de conscientiser les 7 milliards et demi d'habitants sur Terre sur les catastrophes qui leur pendent au nez s'ils n'agissent pas de concert pour enrayer le problème du réchauffement climatique.

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"Beaucoup de gens ne comprennent pas la science"

Son objectif: "créer un mouvement d'opinion mondial, pour que les gens se rassemblent et fassent pression sur les dirigeants". Là où Greta Thunberg se rend, aux Etats-Unis, "beaucoup de gens ne comprennent pas et n'acceptent pas la science", a dit avant son départ à l'AFP l'adolescente. "Je devrai simplement faire ce que j'ai toujours fait : les ignorer et juste dire ce que la science dit". Le président américain Donald Trump se range lui-même du côté des climato-sceptiques. Ceux-ci remettent en cause le lien de cause à effet entre les actions de l'Homme et le changement climatique.

Un lien de causalité pourtant démontré par de nombreux climatologues et scientifiques de tous poils. Dans son nouveau rapport publié début août, le Giec une fois de plus la sonnette d'alarme: la Terre est surexploitée par l'Homme et si ce dernier ne change pas radicalement ses habitudes alimentaires et techniques agricoles, le réchauffement climatique s'accentuera. Une thèse balayée par le locataire de la Maison Blanche, qui s'est d'ailleurs même retiré de l'Accord de Paris sur le climat le 1er juin 2017 et autorise toujours sur son sol des centrales à charbon polluantes et émettrices de gaz à effet de serre. Trump a même d'ailleurs fait l'éloge du "magnifique charbon propre".

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"Je n'ai rien à lui dire"

Du coup, Greta Thunberg se donnera-t-elle la peine de tenter de persuader le 45e président des États-Unis? "Non", a déclaré l'adolescente à CBSNews. "Pourquoi est-ce que je perdrais du temps à parler avec lui alors qu’évidemment il ne va pas m’écouter", a-t-elle poursuivi. À l'AFP, la militante a encore ajouté: "Je n'ai rien à lui dire."