C’est l’un des personnages-clés de l’opération "Warp Speed" ("Vitesse de l’éclair", Ndlr), lancée par le gouvernement américain, au printemps 2020, pour développer puis distribuer des vaccins contre le Covid-19 sur le territoire des États-Unis. Opération qui incluait une forte composante de militaires et d’experts logisticiens du département de la Défense. Quelques mois plus tard, Gustave F. (dit "Gus") Perna, général de l’armée de terre américaine désigné, pendant l’été, directeur opérationnel de "Warp Speed", avait inscrit une date sur son grand tableau blanc : le 15 décembre, début de la campagne de vaccination aux États-Unis. Il n’a pas failli dans sa tâche : les premiers vaccins ont été acheminés et injectés lundi aux personnes prioritaires. Dès le mois de décembre, 40 millions de doses des vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna devraient permettre de vacciner 20 millions de personnes, puisque chaque vaccin se fait en deux doses espacées de trois ou quatre semaines. Au total, les États-Unis prévoient d’avoir vacciné 100 millions de personnes d’ici la fin du mois de février avec les deux vaccins, soit environ 40 % des adultes.

Pour Gus Perna, né en 1960 et ayant fait toute sa carrière dans l’armée américaine, l’opération s’apparentait à une véritable gageure : monter, en quelques semaines, l’immense logistique nécessaire à la distribution de millions de doses du vaccin. L’homme, il est vrai, a du répondant et de l’expérience : avant qu’il ne rentre dans l’armée de terre, sa formation militaire fut complétée par des diplômes en gestion des affaires et en logistique. Et à côté de ses missions sur le terrain (en Irak, notamment), il fut régulièrement sollicité pour des opérations de maintenance et de logistique - notamment de stocks de munitions -, jusqu’à devenir patron du "United States Army Materiel Command".

Depuis des semaines, Gus Perna a fait faire à ses troupes, mélange de militaires du département de la Défense et d’experts du département de la Santé, des exercices pour anticiper le jour où les vaccins seraient validés par l’Agence américaine des médicaments (FDA). Et à partir d’aujourd’hui le travail du général sera de tenir la cadence de livraison promise.