“En tant que jeune diplômée, je peux m’identifier à beaucoup d’entre vous qui êtes actuellement à la recherche d’un emploi”. L'apparition de Tiffany Trump a fait couler beaucoup d'encre ce mardi soir lors de la convention nationale républicaine. Un discours maladroit pour celle qui est restée en retrait de la vie politique familiale.

“Comme tant d’étudiants à travers le monde, j’ai obtenu mon diplôme de droit pendant la pandémie. Notre génération est unie pour faire face à l’avenir en ces temps incertains - et beaucoup d’entre nous réfléchissent au type de pays dans lequel nous voulons vivre” a-t-elle ajouté. Sur les réseaux sociaux, beaucoup se sont indignés face à ces déclarations lui reprochant de se comparer - elle, qui est la fille d'un milliardaire, 45e président des Etats-Unis - aux autres étudiants, à la recherche d'un emploi dans une conjoncture économique défavorable.

Beaucoup plus discrète que les autres membres de sa famille, Tiffany Trump est très peu connue du public. Retour sur le parcours de la jeune femme de 26 ans.

Une enfance loin de son père

Tiffany Trump doit son prénom à la très glamour entreprise de joaillerie et d’art de la table, Tiffany & Co, dont les droits aériens avaient été rachetés par son père en 1979. Elle est issue du second mariage de Donald Trump avec l'actrice Marla Maples qui dure de 1993, année de sa naissance, à 1999. Deux ans avant la séparation officielle, Donald Trump envoie un FedEx à Marla pour lui annoncer leur séparation. Un geste que la future ex-femme aura toujours eu du mal à pardonner.

Après le divorce officiel de ses parents, Tiffany, âgée de six ans, suit sa maman en Californie, loin du QG familial à New York. Par conséquent, elle s'éloigne quelque peu de son père pendant cette période. Maples confie à US Weekly la difficulté que représente l'éducation d'une enfant, loin de son père. "La vérité, c’est que c’était un défi de trouver un équilibre entre être une mère qui travaille et s’occuper de mon enfant à plein temps. Son père l’aime, bien sûr, mais… c’était moi le parent. J’étais le parent qui était présent en chair et en os, avec elle à chaque instant."

Financièrement, mère et fille ne sont pas à plaindre. Celle qui a été l'épouse du milliardaire pendant 6 ans a ciselé un contrat de mariage en béton. Ce bail stipule que l'actuel président doit s'engager à verser 100 000 dollars de pension annuelle à leur fille jusqu’à ses 21 ans. Et qu'importent les problèmes financiers du magnat de l'immobilier dans les années 90, le secteur faisant face à une lourde crise. Pendant cette période, Donald Trump est au bord du gouffre et est même forcé de vendre son yacht de 85 mètres pour renflouer les caisses.

La réussite scolaire

La fortune familiale lui permet de fréquenter les meilleurs établissements scolaires. Elle obtient en 2016 son premier certificat de l'Université de Pennsylvanie, l'un des huit établissements de la prestigieuse Ivy League. Elle étudie alors la sociologie et les études urbaines.

Pas rassasiée après cette première réussite, la jeune femme a soif d'apprendre et se dirige vers le droit. Elle obtient son diplôme pendant le confinement, en cette année 2020, dans une autre université de renom : Georgetown Law. Contrairement à ses aînés, elle ne montre aucune volonté de reprendre l'entreprise familiale de la Trump Organization. Du moins jusqu'à aujourd'hui.

Mais si la jeune fille connaît un cursus brillant, elle a pourtant dans son enfance imaginer les choses autrement. Interrogée par la présentatrice vedette Oprah Winfrey en 2011, elle ne cache pas son amour de la musique: "J’adore la musique. Elle a toujours été chère dans mon cœur… C’est plus un hobby pour le moment, mais on verra dans quelques années si je veux en faire mon métier."


Un rêve qu'elle concrétise à l'âge de 17 ans, mais que les opposants de Donald Trump n'hésiteront pas à utiliser lors de la campagne de 2016. Sur les réseaux sociaux, certains font le tour de la Toile pour dégoter le premier tube de Tiffany, intitulé "Like a bird". La chanson débute avec ces paroles: "Les diamants scintillent, les choses spéciales me découvrent". La musique déchaîne les passions à l'époque: de nombreux internautes estiment que la voix de la jeune fille a été trafiquée. Les moqueries et la polémique viennent mettre à mal la "carrière" de l'adolescente.

Un soutien variable envers le président, pas envers l'homme

En 2016, Tiffany Trump affiche son soutien publiquement pour Donald Trump, alors candidat à la présidentielle des Etats-Unis. Dans son discours, elle le dépeint comme le père idéal: "Dans la vie, mon père est tellement amical, prévenant, si drôle et si véritable. Toute ma vie, j’ai admiré mon père, et je l’aime de tout mon cœur". Quatre ans plus tard, son discours ne change pas à propos de celui qui est désormais locataire à la Maison-Blanche. Sur les réseaux sociaux, elle s'affiche très souvent avec son père. Que ce soit pour lui souhaiter un joyeux anniversaire ou d'autres occasions comme sur Instagram en juin : "Bonne fête des Pères, papa. Je t'aime tellement et je suis tellement reconnaissante envers toi. Merci pour ton amour constant, tes conseils et de croire toujours en moi".


Si sa loyauté envers son père n'a pas pris une ride, Tiffany Trump s'engage parfois dans des causes qui lui sont chères, quitte à déplaire au reste du clan Trump. Le 2 juin dernier, elle participe à l'initiative "Blackout Tuesday" ("le mardi débranché"). Cette action a pour but de soutenir les manifestants contre les violences policières. Comme tous les participants, elle poste sur Instagram un carré noir avec comme mention une citation d'Helen Keller : "Seul nous pouvons réussir si peu, ensemble nous pouvons tant réussir".



La relation de Donald et Tiffany Trump suscite toutefois toujours de vives spéculations. En effet, l'ancienne assistante personnelle du milliardaire, Madeleine Westerhout, avait confié en 2018 que le président n'était pas du tout proche de sa fille. "Il ne pourrait pas la reconnaître dans la foule", a-t-elle dévoilé aux journalistes, avant de quitter son poste. Mme Westerhout avait aussi rapporté que le locataire de la Maison-Blanche pensait que sa fille était en surpoids et que cela expliquait pourquoi il refusait d'être photographié à ses côtés. Des allégations que Donald Trump avait balayées, répondant simplement qu'il "aimait Tiffany", mais qui valent tout de même à la jeune femme le pseudonyme de "fille oubliée".