Alors que la pandémie de Covid-19 a provoqué au printemps la pire crise depuis 1929 et que la reprise est freinée par une nouvelle vague d'infections, le président élu a exhorté le Congrès à voter sans délai un plan d'aide "robuste".

"A toux ceux qui luttent maintenant, notre message est le suivant: l'aide arrive", a-t-il déclaré depuis son fief de Wilmington, dans le Delaware, où il présentait sa nouvelle équipe économique.

"Tant de gens ont du mal à mettre de la nourriture sur la table et à payer leurs factures et leur loyer. C'est une tragédie américaine", a déclaré Janet Yellen, sa future ministre des Finances.

Joe Biden a constitué une équipe composée essentiellement de femmes, de personnes issues des minorités visibles et d'anciens de l'ère Barack Obama.

"Il est urgent d'agir pour éviter que la récession ne s'auto-alimente et ne provoque encore plus de ravages", a ajouté Mme Yellen, ancienne présidente de la Banque centrale (Fed), dont la nomination devrait être aisément confirmée par le Sénat, actuellement contrôlé par les républicains.

Pour des millions d'Américains qui ont perdu leur emploi ou ont vu réduire leur nombre d'heures travaillées, cette aide doit être "immédiate", a insisté M. Biden.

Ces déclarations intervenaient peu après qu'un petit groupe de parlementaires démocrates et républicains ont dévoilé un nouveau plan de soutien à l'économie de 908 milliards de dollars. Une proposition qui n'a pas encore l'aval de l'administration sortante de Donald Trump.

Des aides pour Noël? 

Depuis des mois, le président de la Fed, Jerome Powell, presse lui aussi le Congrès de voter un nouveau plan de soutien économique prenant le relais de celui de 2.200 milliards de dollars adopté en urgence fin mars.

Auditionné devant le Sénat mardi, il a prévenu que la première économie du monde avait encore de longs mois "difficiles" devant elle, malgré les avancées médicales sur les vaccins.

"Nous avons encore un long chemin à parcourir, nous avons environ 10 millions de personnes qui ont perdu leur emploi à cause de la pandémie", a-t-il insisté, soulignant qu'avec la résurgence de la pandémie, de nombreuses petites entreprises risquaient de faire faillite.

Les ménages les plus modestes ne disposent pas d'épargne pour traverser une crise prolongée, a-t-il également relevé.

La présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin doivent s'entretenir par téléphone en début d'après-midi -- une première depuis octobre -- pour évoquer une future loi budgétaire mais aussi des mesures pour lutter contre les effets de la pandémie.

"Il serait inexcusable que nous quittions la ville sans accord" avant les vacances de Noël, a déclaré le sénateur démocrate Joe Manchin.

Expiration des aides

Démocrates et républicains savent que le temps presse, les mesures du printemps ayant commencé à expirer.

De plus, la reprise économique, plutôt soutenue au troisième trimestre, ralentit largement en cette fin d'année avec la nouvelle vague d'infections au nouveau coronavirus. Et tous les yeux sont rivés sur 2021.

Ne pas parvenir à un accord pourrait avoir de graves conséquences à plus long terme pour l'économie et des millions d'Américains.

Quelque 12 millions de personnes sont en passe de perdre leurs prestations de chômage le 26 décembre.

Les protections pour les locataires et les étudiants qui ont contracté des prêts sont également sur le point d'expirer.

Les nouvelles récentes sur le front des vaccins sont "très positives à moyen terme", a commenté Jerome Powell.

Mais "pour l'instant, d'importants défis et incertitudes demeurent, y compris le calendrier, la production et la distribution" d'un ou de plusieurs éventuels vaccins, a-t-il fait valoir.

De son côté, Steven Mnuchin a demandé au Congrès de puiser dans 455 milliards de dollars de fonds de secours d'urgence inutilisés pour alimenter une nouvelle série de soutien aux ménages et entreprises.

"J'exhorte le Congrès à adopter rapidement quelque chose pour s'assurer que nous obtenions quelque chose au cours de cette session", a-t-il déclaré, soulignant que les petites entreprises "ne peuvent pas attendre deux ou trois mois".

Sans aide, le risque est de mener à plus d'inégalités, a aussi observé Jerome Powell. "Ce qui est tragique", car la situation économique des plus modestes s'était améliorée ces dernières années, a-t-il commenté.