"Aujourd'hui, l'Amérique déplore la disparition d'un des plus grands héros de l'histoire américaine", a écrit la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, dans un communiqué.

Mme Pelosi a décrit Lewis, démocrate comme elle et qui souffrait d'un cancer du pancréas, comme "un titan du mouvement des droits civiques dont la bonté, la foi et la bravoure ont transformé notre nation".

Fils de métayers, ce militant indomptable est devenu à 21 ans un des plus jeunes Freedom Riders (voyageurs de la liberté) qui ont combattu la ségrégation dans le système de transport américain au début des années 1960.

Il était le plus jeune meneur de la marche sur Washington en 1963, au cours de laquelle Martin Luther King a prononcé son fameux discours, "I have a dream" (Je fais un rêve).

Deux ans plus tard, John Lewis a failli succomber sous les coups de la police sur le pont Edmund Pettus, à Selma, en Alabama, où il menait une marche de plusieurs centaines de militants pacifiques contre la discrimination raciale. Il avait eu le crâne fracturé.

"John Lewis est vraiment devenu un géant par les exemples qu'il nous a montrés", a salué samedi le fils du pasteur King.

En 2015, pour célébrer le cinquantenaire de ce "Dimanche sanglant", Lewis avait repassé le pont, main dans la main avec Barack Obama, premier président noir de l'histoire des Etats-Unis.

Depuis son décès, les appels se multiplient pour rebaptiser à son nom ce pont, qui rend hommage à un ancien confédéré et chef local du Ku Klux Klan.

John Lewis est né à Troy, dans l'Alabama, le 21 février 1940, troisième enfant d'une fratrie de dix. Elevé dans une communauté presque entièrement noire, il a rapidement pris conscience de la ségrégation dans cet Etat du sud des Etats-Unis.

Il a commencé par organiser des sit-in aux comptoirs des restaurants imposant la ségrégation raciale, et a été arrêté à une vingtaine de reprises lors de protestations non-violentes, avant de fonder et plus tard diriger le Comité de coordination étudiant pour la non-violence.

Elu de Georgie depuis 1986, il incarnait "la conscience du Congrès", selon Nancy Pelosi. Les hommages sont également venus du camp républicain.

Malgré un cancer, il avait fait son retour à Washington en juin en pleine tourmente née de la mort de George Floyd aux mains de la police à Minneapolis, pour participer à la mobilisation du mouvement Black Lives Matter contre les discriminations raciales.