Katherine Tai prendra les rênes de la politique commerciale américaine sous l’administration Biden, et sa fine connaissance de la Chine sera un atout essentiel pour tenter de désamorcer les conflits entre les deux puissances économiques.

Katherine Tai, qui remplacera Robert Lighthizer au poste influent de représentant au Commerce (USTR), connaît bien le ministère qui l’attend : elle a défendu les États-Unis devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour les désaccords face à la Chine pendant sept ans, sous l’administration Obama.

Diplômée des universités de Yale et Harvard, elle a aussi arpenté les couloirs de la Chambre des représentants, où elle était avocate commerciale pour la Commission des voies et moyens (Ways and means committee). Elle connaît donc bien les difficultés de l’adoption d’une loi dans un Congrès divisé, comme cela sera probablement le cas sous Biden.

Elle a d’ailleurs joué un rôle clé dans l’élaboration du nouvel accord de libre-échange nord-américain avec le Canada et le Mexique (AEUMC), ce qui lui a valu d’être recommandée à Joe Biden pour l’USTR par des élus des deux partis, impressionnés par son travail, rapportent des médias américains.

Avec le choix d’une femme d’origine taïwanaise, Joe Biden continue à placer des femmes et des personnes issues de minorités à des postes clés de son gouvernement. Katherine Tai parle le mandarin couramment, et est la première génération de sa famille à être née aux Etats-Unis. Cette avocate spécialisée en commerce est également une des rares personnalités nommées par Joe Biden à avoir un large éventail de soutiens.

Après cette nomination, Katherine Tai a assuré qu’elle serait "une défenseure des travailleurs américains", soulignant que le commerce n’est "pas une fin en soi, c’est un moyen de créer plus d’espoir et d’opportunités pour les gens".

Mais le soutien des démocrates progressistes à Katherine Tai pourrait bien diminuer à mesure qu’avanceront les négociations d’accords commerciaux, prévient Bill Reinsch, du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS).