Interrogé durant le week-end par l'agence de presse espagnole Efe sur une éventuelle nationalité belge ou sur son intention de la demander, l'ex-président a précisé qu'il ne l'avait pas et qu'il ne l'avait jamais sollicitée.

"En 27 ans de mariage (avec Anne Malberbe), je ne l'ai jamais demandé", a déclaré M. Correa en invoquant l'adage populaire selon lequel "celui qui ne doit rien, ne craint rien".

La justice équatorienne a confirmé lundi dernier en cassation la condamnation de l'ex-président Correa (2007-2017) - qui vit en Belgique - à huit ans de prison pour corruption, mettant un terme à ses espoirs de briguer la vice-présidence du pays lors des élections de février prochain.

La Cour a tranché que M. Correa et dix-sept de ses anciens collaborateurs, dont des ex-ministres et des chefs d'entreprise, ont reçu des pots-de-vin en échange de contrats avec diverses sociétés - dont l'entreprise de construction brésilienne Odebrecht - pour financer son mouvement Alianza Pais.

M. Correa vit en Belgique depuis 2017 et la fin de son dernier mandat alors qu'il ne faisait encore l'objet d'aucun procès.

Jugé par contumace, sa première condamnation en avril avait été confirmée mi-juillet en appel. Il avait annoncé mi-août son souhait de briguer la vice-présidence de son pays au sein d'une coalition de gauche, binôme d'un de ses anciens ministres et candidat à la présidence.

L'ancien chef de l'Etat a pour sa part précisé que les conditions pour éventuellement opter pour la nationalité - belge - de son épouse ont changé et qu'il faut actuellement cinq ans se résidence en Belgique avant d'en demander la nationalité.

"Avant, ce n'était pas comme ça, j'ai pu l'obtenir pendant longtemps, cela ne m'intéressait pas", a conclu M. Correa, tout en soulignant que son épouse disposait quant à elle de la nationalité équatorienne.

L'ancien président se dit innocent et dénonce un complot fomenté par son rival, son ancien vice-président et actuel président, Lenin Moreno.

M. Correa fait également l'objet d'une enquête pour l'enlèvement en 2012 en Colombie du responsable de l'opposition Fernando Balda. Selon la législation équatorienne, il ne peut toutefois pas être jugé par contumace pour ce crime.

Il s'était fait internationalement connaître en accordant l'asile diplomatique au fondateur de Wikileaks, Julian Assange, qui s'était réfugié dans l'ambassade d'Equateur à Londres en juin 2012 afin d'éviter d'être extradé vers la Suède où il était accusé de viol et agression sexuelle.