Après avoir promis de relever l'impôt sur les sociétés, le nouveau président américain s'est attaqué mercredi à un autre chantier, pour financer son "Projet pour les familles américaines" de 1.800 milliards de dollars : la fiscalité des très riches.

Non content de revenir sur les baisses d'impôts votées sous Donald Trump, il veut taxer plus fortement les revenus du capital des 0,3% d'Américains les plus aisés, qu'il a appelés à "payer leur juste part d'impôt".

Quand Joe Biden se voit qualifié de "socialiste" par un camp républicain pour qui cet adjectif relève de l'insulte, le gouvernement français répète sur tous les tons qu'il n'y aura pas de hausse d'impôt d'ici la fin du quinquennat en 2022: un "décalage total", résume Lucas Chancel, professeur à la Paris School of Economics.

Le changement de doctrine américaine place l'exécutif "face à un choix difficile" : tenir son cap ou "se dédire", en reniant cette idée du "ruissellement consistant à dire que plus on fera de baisses d'impôts sur les plus aisés, plus on créera de la prospérité pour tous, de l'investissement, de l'emploi".

"L'économie du ruissellement (tricke dow economics) n'a jamais fonctionné", assène pour sa part Joe Biden, enterrant ainsi une théorie chère par exemple à l'ancien président Ronald Reagan.

Le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire ne s'est pas contenté d'exclure toute hausse d'impôt, même sous la forme d'une contribution exceptionnelle symbolique sur les plus riches, alors que quatre nouveaux milliardaires français ont fait leur entrée en 2021 dans le classement du magazine Forbes.

Il a "évacué d'emblée" la proposition de la Convention citoyenne d'augmenter de 4% l'impôt sur les dividendes et, "à l'extrême opposé de ce que fait Joe Biden", envisage de "réduire l'impôt sur les hautes donations", rappelle Lucas Chancel.

Cette semaine, Emmanuel Macron a enfoncé le clou, critiquant dans la presse régionale les "patriotes au petit pied" qui "vous expliquent que les gens qui réussissent doivent être taxés, alors que la France est déjà l'un des pays d'Europe où la fiscalité est la plus élevée".