Des enquêteurs mexicains ont trouvé des fragments humains qui pourraient correspondre aux restes d'un ou plusieurs des 43 étudiants qui ont disparu au sud du Mexique dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014, a fait savoir mardi le procureur général Alejandro Gertz Manero.

M. Manero a par ailleurs déclaré qu'un juge avait été invité à délivrer des mandats d'arrêt à l'encontre de 46 fonctionnaires ou anciens fonctionnaires de l'État de Guerrero, accusés de disparition forcée et crime organisé.

Les restes ont été envoyés à l'Université d'Innsbruck pour analyse, a-t-il souligné. Les résultats sont attendus dans le courant de la semaine.

Entre-temps, la police a arrêté l'un des chefs présumés du cartel local Guerreros Unidos, accusé d'avoir participé à la disparition des 43 étudiants de l'école de formation des maîtres d'Ayotzinapa, a indiqué le bureau du procureur général.

Dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014, les étudiants s'étaient emparés de cinq autobus pour aller manifester à Mexico. Ils avaient été attaqués par des officiers de la police municipale d'Iguala, sur ordre du maire.

Selon les autorités, les policiers les auraient ensuite livrés au cartel des Guerreros Unidos, qui les aurait confondus avec un cartel rival et les aurait tués, avant d'incinérer leurs corps dans une décharge.

Mais des experts indépendants de la Commission inter-américaine des droits de l'homme (CIDH) ont contesté cette version dans un rapport publié en 2015.

Le gouvernement du président Andres Manuel Lopez Obrador a relancé l'enquête sur ces enlèvements après que la précédente ait été entachée de nombreuses accusations d'incompétence, voire de corruption. Plus de la moitié des plus de 140 suspects avaient notamment été libérés.