La loi new-yorkaise, adoptée grâce aux majorités démocrates dans les deux chambres du Parlement de cet Etat de quelque 20 millions d'habitants, va plus loin que celles entérinées par d'autres Etats, et se veut un modèle de justice sociale: elle prévoit en effet de distribuer une partie des revenus des ventes -- quelque 350 millions de dollars par an, moyennant une taxe de 9% -- aux communautés à forte population noire et latino, les plus touchées par la répression de la consommation de cannabis.

Elle prévoit aussi de purger systématiquement les casiers judiciaires des personnes qui avaient été condamnées pour des faits qui, avec la nouvelle loi, ne seront plus considérés comme délictueux.

"Pendant trop longtemps, l'interdiction du cannabis a ciblé de manière disproportionnée les personnes de couleur en leur infligeant de lourdes peines de prison", a déclaré le gouverneur Andrew Cuomo, dans un communiqué.

"Je suis fier que cette vaste réforme réponde aux problèmes d'équité sociale, de sécurité et d'impact économique de la consommation adulte de cannabis", a ajouté le gouverneur, très affaibli ces dernières semaines après une série d'accusations de harcèlement sexuel.

"Cette législation historique rend justice aux communautés longtemps marginalisées, embrasse une nouvelle industrie qui fera croître l'économie et établit des garde-fous substantiels pour le public", a-t-il ajouté. New York estime qu'entre 30.000 et 60.000 emplois pourraient être créés grâce à cette loi.

Une fois tous les décrets d'application en place et les premiers dispensaires ouverts - ce qui n'est pas attendu avant 2022 - la loi permettra aux adultes de 21 ans et plus d'acheter du cannabis et de cultiver chez eux des plantes pour leur consommation personnelle.

La loi supprime également les sanctions pour la possession de trois onces de la drogue (85 grammes), nouvelle limite de possession personnelle. Et le programme qui permettait la distribution de marijuana à des fins médicales sera étendu.

Le chef de file des démocrates au Sénat américain, le New-Yorkais Chuck Schumer a remercié les législateurs à l'origine du texte, et assuré qu'il allait "continuer à travailler pour mettre fin à l'interdiction de la marijuana au niveau fédéral".

Si la loi new-yorkaise a été applaudie par de nombreux élus démocrates, les élus républicains s'y sont globalement opposés.

Certains, y compris la Parent Teacher Association de l'Etat de New York, puissante association d'enseignants et parents, craignent que la loi ne facilite l'accès des enfants et adolescents au cannabis.

D'autres s'inquiètent d'une augmentation des accidents de la route: si la loi interdit de conduire sous l'influence du cannabis, le test qui permettra un contrôle fiable, sur le modèle de l'alcootest, n'existe pas encore, même si les recherches devraient s'accélérer.