Le petit-neveu du président John F. Kennedy et petit-fils de son frère Robert, assassinés respectivement en 1963 et 1968, passait pourtant il y a un an pour une étoile montante du parti démocrate. Et semblait bien parti pour détrôner M. Markey, élu du Congrès depuis 44 ans, dont sept au Sénat.

Le Massachusetts étant un bastion démocrate, le vainqueur de cette primaire tardive est quasiment assuré d'être élu en novembre.

Elu à la Chambre des représentants en 2012, Joseph Kennedy III, télégénique démocrate de 39 ans, s'est présenté comme plus proche du terrain, des familles modestes et des minorités que son rival de 74 ans - autant d'arguments qui ont permis à de jeunes militants démocrates "progressistes" de détrôner des barons du Congrès dans plusieurs primaires depuis 2018.

Mais M. Markey s'est assuré le soutien de la très dynamique aile gauche du parti, incarnée par l'élue new-yorkaise Alexandria Ocasio-Cortez, avec laquelle il a co-rédigé le plan pour un "New Deal" vert, comme celui d'une autre grande figure progressiste, l'autre sénatrice du Massachusetts, Elizabeth Warren.

Il s'est aussi présenté comme le candidat "anti-establishment" face au descendant d'une dynastie qui n'a jamais perdu d'élection dans le Massachusetts depuis 1947.

Les arguments de Joseph Kennedy, appuyé lui par la chef des démocrates au Congrès Nancy Pelosi, n'ont pas semblé atteindre sérieusement M. Markey. D'autant que les idées des deux hommes semblent très proches.

"La plus grande différence entre moi et mon adversaire est notre définition du boulot: je suis plus engagé, je donnerais tout mon coeur et mon âme à ce poste", reconnaissait M. Kennedy dans un récent entretien au Boston Globe.

Les derniers sondages réalisés la semaine dernière pour cette primaire - l'une des dernières du calendrier électoral américain avant les élections législatives et présidentielle du 3 novembre - donnaient Joseph Kennedy perdant, avec 10 points d'écart en moyenne.

Pour cause de pandémie, l'annonce des résultats du vote de mardi, qui devront comptabiliser des centaines de milliers de bulletins envoyés par correspondance, pourrait être retardée, comme cela a été le cas pour d'autres primaires.