Il cherche une inédite réélection à la tête du Parlement pour maintenir ses prétentions.

Le Parlement vénézuélien, unique institution contrôlée par l’opposition à Nicolas Maduro, devait élire dimanche son président pour 2020. En principe, il change chaque année mais le président sortant Juan Guaido, qui s’était autoproclamé président il y a un an et avait appelé au soulèvement de l’armée le 30 avril, se dit certain d’être reconduit pour continuer son "combat", jusque-là infructueux, pour évincer le chef d’État socialiste.

C’est en vertu de son statut de président du Parlement unicaméral qu’il s’était proclamé président par intérim du Venezuela le 23 janvier 2019, assurant que Nicolas Maduro "usurpe" la fonction de chef de l’État depuis la présidentielle "frauduleuse" de 2018. Il le rend responsable de la crise économique et sociale que traverse le pays.

Sa reconduction au perchoir lui permettrait de continuer à se prévaloir du titre de président par intérim que lui reconnaissent une cinquantaine de pays, à la suite des États-Unis.

Le vote a été retardé alors que Juan Guaido n’avait toujours pas pénétré dans le Parlement, accusant la police de lui en bloquer l’accès. Des élus de province qui logeaient dans un hôtel de Caracas ont affirmé avoir été "intimidés" par des agents des services de renseignement qui les ont évacués de leurs chambres dans la nuit pour répondre à une "alerte à la bombe".

Malgré le soutien de l’administration Trump, qui a pris une kyrielle de sanctions contre Nicolas Maduro et son entourage, l’opposant de 36 ans n’a pas atteint l’objectif proclamé début 2019 de "mettre fin à l’usurpation". Les manifestations anti-Maduro attirent de moins en moins de Vénézuéliens et les pourparlers avec le gouvernement organisés sous l’égide de la Norvège ont fait long feu. L’état-major est toujours loyal à Nicolas Maduro qui continue de jouir de l’appui de la Russie, de Cuba et de la Chine.