L'Union européenne désapprouve le fait que la décision des États-Unis d'imposer une interdiction de voyager ait été prise unilatéralement et sans consultation, ont indiqué jeudi les présidents de la Commission et du Conseil, Ursula von der Leyen et Charles Michel.

"Le coronavirus est une crise mondiale, qui ne se limite à aucun continent et il nécessite une coopération plutôt qu'une action unilatérale", ajoutent les deux dirigeants dans un communiqué commun. L'Union européenne, assurent-ils, prend des mesures "énergiques" pour limiter la propagation du virus.

L'interdiction américaine doit prendre effet vendredi à minuit (05h00 HB). Elle suspend pour trente jours l'entrée aux Etats-Unis de tout étranger ayant séjourné récemment en Europe, une mesure qui ne concerne pas le Royaume-Uni.

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Londres critique aussi

Le ministre britannique des Finances, Rishi Sunak, a critiqué jeudi la décision de Donald Trump de suspendre l'entrée des Européens aux Etats-Unis pour lutter contre le nouveau coronavirus, estimant que l'efficacité de cette mesure, qui ne concerne pas le Royaume-Uni, n'était "pas prouvée". "Nous ne pensons pas que c'est ce qu'il faut faire", a déclaré M. Sunak sur la BBC. "D'après les conseils que nous recevons, il n'est pas prouvé que des interventions telles que des interdictions de voyager aient un effet matériel", a-t-il également déclaré.

L'interdiction d'entrée aux Etats-Unis, qui entrera en vigueur vendredi à minuit heure de Washington (05H00 HB samedi), ne concernera pas le Royaume-Uni.

Elle s'appliquera à toute personne ayant séjourné dans l'espace Schengen au cours des 14 jours précédant leur arrivée prévue aux Etats-Unis, à l'exception des Américains et des résidents permanents.

Le Royaume-Uni a enregistré 456 cas de Covid-19, qui a fait six morts dans le pays. Le gouvernement doit annoncer jeudi de nouvelles mesures pour limiter la contagion, à l'issue d'une réunion de crise présidée par le Premier ministre Boris Johnson.