Les héritiers du chanteur américain Prince ont dénoncé l'utilisation du morceau "Purple Rain" lors d'une réunion publique de Donald Trump à Minneapolis jeudi soir, rappelant que l'équipe de campagne du président américain s'était engagée à ne plus s'en servir. 

"Le président Trump a joué +Purple Rain+ de Prince ce soir à un événement de campagne à Minneapolis, après avoir confirmé, il y a un an, que l'équipe de campagne n'utiliserait plus la musique de Prince", ont écrit les ayants droits de l'artiste sur son compte Twitter.

"Les héritiers de Prince ne donneront jamais autorisation au président Trump d'utiliser des chansons de Prince", ont-ils ajouté.

A l'appui de leur message, ils ont publié la copie d'une lettre signée d'une avocate indiquant représenter Donald Trump.

"Pour éviter tout contentieux, nous vous écrivons pour confirmer que l'équipe de campagne n'utilisera plus la musique de Prince dans ses activités à l'avenir", écrit Megan Newton, du cabinet Jones Day, dans sa lettre, datée du 15 octobre 2018.

Le tube de Prince a pourtant résonné jeudi dans le Target Center, la salle de Minneapolis où Donald Trump tenait un meeting, quelques minutes avant l'entrée en scène du président américain.

De nombreux artistes, ou leurs héritiers, ont déjà demandé à l'ancien promoteur immobilier de ne pas utiliser leur musique durant ses réunions publiques.

Les Rolling Stones, Adele, Neil Young, R.E.M., Pharell Williams, Rihanna, Aerosmith ou Queen ont eux aussi dénoncé l'usage de leurs oeuvres pendant les rassemblements républicains.

Les responsables politiques américains peuvent obtenir des licences auprès des sociétés de droits d'auteurs (comme l'Ascap) qui les dispensent de demander la permission explicite aux chanteurs ou groupes concernés.

Lors d'une session de questions-réponses sur Twitter, Mick Jagger, chanteur des Rolling Stones, avait ainsi affirmé que, malgré ses demandes, les organisateurs des réunions de campagne de Donald Trump pouvaient "diffuser ce qu'ils voulaient".

La musique des Rolling Stones a d'ailleurs de nouveau été jouée jeudi soir à Minneapolis, à plusieurs reprises, en ouverture et en clôture du meeting.

Le droit américain prévoit néanmoins la possibilité pour un artiste de demander que sa musique ne soit pas utilisée en faisant valoir que les responsables des campagnes laissent entendre "de manière erronée que l'artiste (...) soutient le candidat", selon l'association américaine de l'industrie du disque (RIAA).

La justice américaine n'a pas encore été amenée à trancher la question depuis le début de la campagne de Donald Trump en 2015.