Une cour américaine a rejeté samedi le recours de la Maison blanche visant à empêcher la sortie du livre de John Bolton, l'ex-conseiller à la sécurité nationale du président américain, où il raconte les mois qu'il a passés au service de Donald Trump.

John Bolton "a fait courir un risque à la sécurité nationale des Etats-Unis" et "a mis son pays en danger", a souligné le juge du tribunal fédéral de Washington, Royce Lamberth, dans sa décision. Mais "le gouvernement n'a pas réussi à établir qu'une interdiction empêcherait des dommages irréparables. Sa requête est donc rejetée", a-t-il conclu.

Le juge Lamberth a souligné que le livre avait déjà largement circulé et qu'il était désormais "un secret de Polichinelle".

Selon l'éditeur, plus de 200.000 copies ont déjà été envoyées à des librairies à travers le pays.

Intitulé "The Room Where it Happened,"(La pièce où cela s'est passé), l'ouvrage chronique les 17 mois passés par l'auteur auprès de l'occupant du Bureau ovale comme conseiller à la sécurité nationale, en 2018-2019.

Dans cet ouvrage au vitriol, l'ancien conseiller à la Maison Blanche alimente l'image d'un président américain incompétent sur la scène internationale, moqué par de hauts responsables de sa propre administration et faisant passer sa soif de réélection le 3 novembre avant l'intérêt du pays.

Le président américain a réagi en affirmant que son ex-conseiller payerait un prix "très fort" pour avoir publié son ouvrage sans autorisation de la Maison Blanche.


"SUPER VICTOIRE DEVANT LA JUSTICE contre Bolton. Evidemment, le livre ayant déjà circulé et fuité auprès de nombreuses personnes et des médias, le juge très respectable n'aurait rien pu faire pour l'arrêter", a réagi Donald Trump sur Twitter.

"Bolton a enfreint la loi et a été dénoncé et blâmé pour l'avoir fait, et payera un prix très fort. Il aime lâcher des bombes sur les gens, et les tuer. Maintenant, des bombes vont tomber sur lui!" a menacé le président américain, en évoquant les positions va-t-en-guerre en diplomatie de son ex-conseiller.

Le juge a reconnu que John Bolton ne semblait pas avoir demandé d'"autorisation écrite" à la Maison Blanche avant publication, qui aurait certifié qu'aucuns éléments "classifiés" ne figuraient dans le livre.