"De la part du président (Donald Trump), j'ai présenté une proposition à 916 milliards de dollars", a annoncé mardi en fin de journée le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin, dans un communiqué publié sur Twitter.

La proposition a été présentée par le ministre de Donald Trump à la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, lors d'un entretien mardi en fin de journée.

Le montant est un peu plus élevé que les 908 milliards de dollars proposés récemment par un petit groupe de parlementaires démocrates et républicains, et qui servait de base aux négociations.

Ces discussions piétinent depuis des mois et avaient récemment repris. Le futur président Joe Biden avait lui-même insisté sur la nécessité d'aider les ménages les plus vulnérables et les entreprises à sortir de cette situation, et d'éviter que la crise économique actuelle ne s'auto-alimente.

Il s'agit seulement, pour le président élu, d'un "acompte", avant un vaste plan de relance qui pourrait être présenté rapidement après son entrée à la Maison Blanche, le 20 janvier.

Protection des entreprises

Les discussions menées par les élus du Congrès se heurtent toujours à deux principaux points de désaccord: la protection des entreprises contre certaines poursuites, notamment en cas de contamination d'employés au Covid-19, défendue par les républicains, et une aide aux Etats et aux collectivités locales, réclamée par les démocrates.

La proposition de la Maison Blanche inclut les deux sujets, ce qui pourrait permettre aux deux camps de s'entendre enfin. La protection juridique prévue concerne également les écoles et universités.

Pour financer cette proposition, la Maison Blanche compte notamment utiliser une enveloppe de 140 milliards de dollars, débloquée mais pas utilisée pour les prêts dits PPP aux petites entreprises, et 429 milliards de dollars de "fonds du Trésor".

Cette offre ne prévoit pas de chèque aux ménages américains, contrairement au premier plan de relance adopté en mars, au début de la pandémie.

Elle tranche toutefois avec les propos, plus tôt dans l'après-midi, du président républicain du Sénat, Mitch McConnell, qui avait suggéré d'approuver rapidement les sujets consensuels, et laisser de côté les deux éléments de controverse.

Pas question, lui a répondu le chef de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.

"Les efforts du leader McConnell pour discréditer des négociations bipartismes de bonne foi sont détestables", a réagi pour sa part Nancy Pelosi dans un communiqué, soulignant que les discussions avaient fait de "bons progrès" et appelant à les poursuivre "sans l'obstruction de McConnell".

Les chefs du Congrès espèrent voter des mesures d'ici la fin de la semaine prochaine. Le temps presse car des Américains vont bientôt se retrouver sans ressource: les aides votées fin mars dans le cadre du gigantesque plan de relance de 2.200 milliards de dollars, le Cares Act, rallongé en avril de 500 milliards, arrivent à expiration au lendemain de Noël.