Depuis son club de Mar-a-Lago, en Floride, et juste avant d'entamer une nouvelle journée de golf, l'ancien homme d'affaires, qui quittera la Maison Blanche le 20 janvier, a exprimé sa frustration dans une série de tweets particulièrement virulents.

Objet du courroux présidentiel: la perspective que le Congrès rejette son veto au budget de la défense, ce qui représenterait une première pour son mandat.

Après le vote-camouflet de la Chambre des représentants lundi avec l'appui d'une centaine d'élus républicains, le Sénat, à majorité républicaine, pourrait suivre d'ici la fin de la semaine.

"Le 'leadership' républicain faible et fatigué va permettre que la mauvaise loi sur la défense soit adoptée", a tweeté le président sortant.

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Croisant le fer sur plusieurs fronts, le magnat de l'immobilier a aussi une nouvelle fois avancé des théories du complot pour nier sa défaite face au démocrate Joe Biden.

"La direction du parti républicain choisit la voie de la résistance minimale. Nos dirigeants (pas moi, bien sûr!) sont pathétiques. La seule chose qu'ils savent faire, c'est perdre!".

Le président sortant, encore très populaire chez les électeurs républicains, a assorti ses tweets d'une menace à peine voilée envers les parlementaires de son camp.

"P.S. J'ai fait élire de nombreux sénateurs et membres de la Chambre des représentants. Je crois qu'ils ont oublié!"

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David Perdue et Kelly Loeffler ne manqueront s'en doute pas de l'entendre. Les deux sénateurs républicains jouent leurs sièges le 5 janvier lors de deux sénatoriales partielles en Géorgie, qui captivent le monde politique.

Car avec eux, c'est tout l'équilibre du pouvoir sous Joe Biden qui se joue. Si les deux candidats démocrates --Raphael Warnock et Jon Ossoff-- l'emportent, les démocrates reprendront le contrôle du Sénat, et détiendront tous les leviers du pouvoir à Washington.

"Le narcissisme de M. Trump" 

Sur le papier, les républicains partent en bonne position mais les dernières semaines colériques de Donald Trump à la Maison Blanche inquiètent les républicains. Ses tirades contre le système électoral pourraient notamment saper la mobilisation de leurs électeurs en Géorgie.

Et ses revirements inattendus sur le plan d'aide à l'économie américaine, frappée par la pandémie de Covid-19, mettent les sénateurs républicains dans l'embarras.

Soutenu par les démocrates, Donald Trump réclame que les aides directes négociées âprement de 600 dollars soient augmentées à 2.000 dollars.

Une hérésie pour certains conservateurs défenseurs de l'austérité et une arme promptement déployée contre les deux sénateurs républicains de Géorgie par les démocrates, qui les accusent d'ignorer les difficultés des Américains s'ils ne soutiennent pas leur adoption. La Chambre a en effet approuvé cette mesure lundi soir mais le chef républicain du Sénat pourrait ne soumettre cette mesure à un vote final que sous la pression de ses troupes.

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Dans le camp conservateur, nombre de voix s'inquiètent de cette stratégie de la terre brûlée du 45e président à moins d'un mois de son départ du pouvoir.

"Le narcissisme de M. Trump n'est pas nouveau", a taclé le Wall Street Journal dans un éditorial lundi soir.

"Mais si les républicains perdent les deux sièges de Géorgie et leur majorité, les républicains à travers le pays sauront qu'ils pourront remercier M. Trump pour leur augmentation d'impôts en 2021 (sous Joe Biden)".

La veille, le New York Post, un autre journal de l'empire de Rupert Murdoch qui avait soutenu le tempétueux milliardaire, avait aussi eu des mots durs en l'appelant à mettre fin à sa "triste comédie".