Provocateur à souhait, décidé à prendre tous les anti-Trump à rebrousse-poil: le fils aîné de Donald Trump a sorti mardi un livre qui confirme son goût pour la politique, surtout quand elle prend la forme d'un combat de boxe. 

A en croire Donald Trump Junior, c'est "le livre que les élites de gauche ne veulent pas que vous lisiez". Intitulé "Hystériques: comment les progressistes se nourrissent de haine et veulent nous faire taire", l'ouvrage de près de 300 pages s'ouvre sur des propos délibérément polémiques.

Donald Trump Jr., 41 ans, resté à New York pour gérer avec son frère Eric les affaires de leur père, le dédie aux "pitoyables" -- allusion à l'expression malheureuse d'Hillary Clinton, qui, pendant la campagne présidentielle 2016, avait qualifié certains électeurs de Trump de "bande de pitoyables".

Ce féru de chasse et de grands espaces raille d'emblée les "gauchistes convaincus ou les assoiffés de justice sociale", qu'il appelle à "jeter immédiatement" le livre à la poubelle ou à "demander à leur restaurant vegan préféré d'en faire des menus".

Habitué à attaquer sur Twitter les ennemis de son père, Donald Junior fait clairement de la provocation un outil de promotion: il a lancé parallèlement un site internet, triggeralib.com, sur lequel on peut commander un exemplaire du livre pour l'expédier à son "gauchiste préféré" afin de l'énerver.

On peut choisir entre Hillary Clinton, la chef de file des démocrates au Congrès Nancy Pelosi, les jeunes élues démocrates Alexandria Ocasio-Cortez et Ilhan Omar, devenues boucs émissaires des conservateurs, ou le sénateur républicain Mitt Romney, très critique du président.

Publié par l'éditeur conservateur Center Street (Hachette), le livre, qui tient de l'essai politique, du pamphlet et des mémoires, figurait mardi en troisième position des commandes passées sur Amazon, après avoir bénéficié la veille, sur Twitter, d'un message promotionnel du président lui-même.

Les médias traditionnels ont droit à un chapitre spécial, intitulé "l'ennemi du peuple". Un autre chapitre est consacré aux "affaires troubles" de Joe Biden en Chine. Un autre encore à la campagne présidentielle 2020 qui commence, dans lequel il "casse" un par un les candidats démocrates.

Il évoque aussi ses séjours, enfant, chez ses grands-parents maternels en Tchécoslovaquie, qui l'ont vacciné une fois pour toutes contre le "socialisme" revendiqué par le sénateur Bernie Sanders ou Alexandria Ocasio-Cortez.

Il mentionne ses problèmes d'alcool dans sa jeunesse, qui l'ont poussé à renoncer à boire. Et parle d'une nouvelle forme d'addiction dont il reconnaît souffrir: la dépendance aux réseaux sociaux.

"Je ne peux pas rester plus de deux heures sans regarder mon fil Twitter (...) Aussi méchants que soient les commentaires, je ne peux pas résister", écrit-il.

S'il reconnaît que les réseaux sociaux ont aidé son père à percer, le quadragénaire new-yorkais les accuse aujourd'hui de vouloir censurer tous les conservateurs.

"Cela revient à supprimer complètement la liberté d'expression, on ne peut pas continuer à laisser faire ça", estime-t-il.

Interviewé mardi sur CBS, il a assuré avoir fait preuve de retenue dans cet ouvrage: "J'aurais pu pousser le bouchon beaucoup plus loin et ouvrir le feu, je ne l'ai pas fait".

Il a aussi affirmé que beaucoup, y compris à la Maison Blanche, cherchaient à saper la présidence de son père.

"Il y a très peu de gens" auxquels le président peut "faire pleinement confiance", dit-il, citant parmi eux le secrétaire d'Etat Mike Pompeo ou son très controversé avocat Rudy Giuliani.

Si la fille aînée de Donald Trump, Ivanka, devenue conseillère à la Maison Blanche avec son mari Jared Kushner, avait initialement semblé être la plus "politique" des enfants du premier mariage du président, Don Junior, qui sillonne le pays depuis des mois pour soutenir son père, reconnaît y avoir pris goût.

"Je n'exclus rien", a-t-il répondu à CBS, qui lui demandait s'il pourrait se porter candidat à une élection.

"J'aime la partie +campagne+ (...), j'aime aller au contact des vrais gens et voir comment les politiques de mon père affectent leurs vies. Mais je ne sais pas, à ce stade de ma vie, si j'aimerais faire ça toute la journée".