Les faits ont été révélés dans une enquête du média américain CBS News. Plusieurs employés ayant travaillé ou travaillant actuellement dans la firme y témoignent de pratiques très discutables employées par le département des ressources humaines de Google.

C'est le cas de Benjamin Cruz, ancien salarié mexicano-américain de Google, qui a été confronté à un commentaire raciste en 2019. Une collègue lui aurait dit que sa peau était "beaucoup plus foncée" qu'elle ne le pensait. Suite à cette remarque raciste, l'homme explique avoir contacté les ressources humaines, qui lui aurait simplement dit qu'il fallait "supposer de bonnes intentions" de la part de sa collègue. Une réponse qui n'a pas satisfait Benjamin Cruz, qui a donc demandé d'examiner le dossier avec plus d'intérêt. Malheureusement, rien n'a été fait et le département des ressources humaines aurait déclaré le dossier clos, explique-t-il dans une interview.

Après une nouvelle plainte pour les faits, le département des ressources humaines aurait finalement invité l'employé à se mettre en congé maladie et à s'occuper de sa santé mentale, avant de changer de poste. "Après avoir déposé cette plainte, mon travail a commencé à être mis à l'écart, mais mon équipe a agi comme si tout allait bien. Je voulais trouver de l'aide", a-t-il déclaré. "Lorsque le congé médical m'a été recommandé, c'était comme un processus automatique." A son retour, l'homme s'est vu refuser tous les postes auxquels il a postulé. Il a donc été contraint de quitter l'entreprise.

Une dizaine de cas

Mais le cas est loin d'être isolé. Au total, plus d'une dizaine de cas auraient été recensés, allant de commentaires sur la couleur de peau ou la coupe de cheveux jusqu'au harcèlement sexuel. C'est par exemple le cas de Timnit Gebru, chercheuse sur le thème de l'éthique dans l'intelligence artificielle. Elle a été jugée “incompatible avec les attentes d'un responsable Google” suite à ses plaintes concernant le respect des engagements pris par Google en matière de diversité et d'inclusion.

"Partir en congé est tellement normalisé. Je peux penser à dix personnes dont je sais qu'elles ont pris un congé pour raisons de santé mentale l'année dernière en raison de la façon dont elles ont été traitées", a déclaré un autre ex-employé de Google, sous couvert d'anonymat.

En réponse à ces accusations, un porte-parole de Google a déclaré à NBC que l'entreprise s'engageait à soutenir les employés qui font part de leurs préoccupations concernant leur traitement sur le lieu de travail. "Nous avons un processus bien défini pour la façon dont les employés peuvent faire part de leurs préoccupations et nous nous efforçons d'être extrêmement transparents sur la façon dont nous traitons les plaintes", ont-ils expliqué.