Trois journalistes du New York Times ont analysé les discours prononcés par le président américain Donald Trump lors de la pandémie de coronavirus. Résultat: le milliardaire excelle dans l'éloge de sa personne, la suffisance et l'apitoiement sur lui-même.

Le journal américain a analysé chaque mot prononcé par Donald Trump lors de ses discours à la Maison blanche ainsi que d'autres commentaires présidentiels sur le virus, soit un total de 260.000 mots adressés depuis le 9 mars jusqu'à la mi-avril. Les transcriptions ont montré des schémas et répétitions dans les messages du président "et révèlent une démonstration de la suffisance et de l'apitoiement du président, du jamais vu", selon le New York Times. 

Les déclarations les plus récurrentes de Donald Trump sont de loin des auto-félicitations (environ 600), souvent basées sur des exagérations et des mensonges. Il attribue le crédit de leur travail aux autres (plus de 360 fois) mais les pointe aussi du doigt (plus de 110 fois) pour les lacunes dans la réponse américaine à la pandémie. Le président américain a cité le nom de son prédécesseur Barack Obama à une dizaine de reprises. Il a fait référence aux gouvernements précédents une trentaine de fois, souvent pour les accuser de ne pas avoir amélioré la situation lorsqu'ils étaient en place. "Alors que d'autres présidents ont saisi les périodes de crise comme une occasion de rassembler la nation, M. Trump a utilisé ses apparitions télévisées en soirée comme un exercice de marque pour se promouvoir. 

Les discours sont devenus si problématiques - surtout après la dangereuse suggestion la semaine dernière de s'injecter du désinfectant pour lutter contre le virus - que la Maison blanche envisage maintenant de les limiter", écrivent les journalistes du quotidien américain. Le président continue à qualifier son mandat d'"historique", et "se place au panthéon des présidents au côté de Lincoln et Roosevelt qui ont dirigé la nation à travers ses moments les plus sombres, avec des phrases telles que 'Le travail que nous avons fait n'avait jamais été fait auparavant'." 

Donald Trump cite moins souvent le travail et dévouement des Américains comme les infirmières ou chauffeurs de poids lourds. Le New York Times qualifie cette auto-glorification d'unique pour un dirigeant américain. "Mais son approche est aussi extraordinaire dans la mesure où il revendique gloire et confirmation alors que dans le même temps, il demande aux personnes se trouvant dans des situations difficiles de ralentir la propagation du virus", relève le journal.