Roger Stone, 67 ans, devait commencer mardi à purger la peine de quarante mois de prison qui lui avait été infligée, notamment pour subornation et témoin et pour avoir menti au Congrès dans le cadre de "l'enquête russe" sur la campagne de Donald Trump en 2016. Le président, dont il est un ancien conseiller, a annoncé vendredi qu'il commuait cette peine. Conseiller politique de Trump par intermittence depuis plus de 20 ans, connu pour son style sulfureux et son tatouage de Richard Nixon dans le dos, Roger Stone avait fait appel de sa condamnation mais devait tout de même être incarcéré mardi prochain. Mais Donald Trump n'avait jamais caché sa volonté d'épargner la prison à son ancien conseiller. "Roger Stone a été la cible d'une chasse aux sorcières qui n'aurait jamais dû avoir lieu", a-t-il encore affirmé dans un tweet samedi matin. "Victime du canular russe perpétré par la gauche et ses alliés dans les médias", Roger Stone est dorénavant "un homme libre", avait fait savoir vendredi la Maison Blanche. 

Dans une tribune publiée dans le Washington Post, Robert Mueller a défendu son enquête. "Roger Stone a été poursuivi et déclaré coupable parce qu'il a commis des crimes fédéraux. Il demeure un repris de justice condamné à juste titre", a écrit l'ancien procureur. L'ancien procureur spécial réagit avec vigueur aux affirmations de Donald Trump et de ses alliés selon lesquelles son enquête était une "chasse aux sorcières". "Je me sens obligé de répondre aux allégations générales selon lesquelles notre enquête était illégale et nos motifs inappropriés, et aux allégations spécifiques selon lesquelles Roger Stone était une victime de notre ministère", poursuit-il dans ce papier d'opinion. Robert Mueller y décrit aussi les raisons pour lesquelles les procureurs ont considéré Roger Stone comme un personnage clé. "Il a communiqué en 2016 avec des personnes que nous connaissons comme des agents des services de renseignement russes, et il a affirmé avoir eu connaisance en avance de la publication par WikiLeaks d'e-mails volés par ces agents des services de renseignement russes."