"La loi garantit que chaque enfant non né dont le coeur bat sera sauvé des ravages de l'avortement", a déclaré le républicain Greg Abbott en paraphant le texte, qui ne prévoit pas d'exception en cas d'inceste ou de viol.

Avant le Texas, une dizaine d'autres Etats, dont la Louisiane ou la Géorgie, ont également voté des lois pour interdire les avortements dès que les battements de coeur du foetus sont perceptibles, soit vers la sixième semaine de grossesse, alors que de nombreuses femmes ignorent encore qu'elles sont enceintes.

Ces législations ont toutes été invalidées en justice, parce qu'elles violent la jurisprudence de la Cour suprême des Etats-Unis, qui a reconnu un droit à l'avortement tant que le foetus n'est pas viable, soit entre 22 et 24 semaines de grossesse.

Mais la plus haute juridiction américaine, que Donald Trump a ancrée solidement dans le conservatisme, a signalé lundi qu'elle pourrait revoir ce critère de "viabilité" lors de l'examen d'une loi du Mississippi, qui interdit d'avorter au-delà de 15 semaines.

L'entrée en son sein de trois juges nommés par le président républicain, sur un total de neuf magistrats, a galvanisé les opposants à l'avortement, qui rivalisent d'imagination pour fournir à la Cour suprême des occasions de revenir sur le sujet.

La dernière loi texane contient ainsi un dispositif inédit qui autorise n'importe quel citoyen, établi dans n'importe quel Etat, à engager des poursuites au civil contre les médecins ou les structures qui aideraient une patiente à avorter.

Cette provision en fait "l'une des lois les plus extrêmes du pays et pose un dangereux précédent", a commenté Alexis McGill Johnson, la présidente de l'organisation Planned Parenthood, qui gère de nombreuses cliniques pratiquant des interruptions volontaires de grossesse (IVG).

Citant l'adoption de 500 mesures restrictives depuis le début de l'année et la décision de la Cour suprême d'examiner la loi du Mississippi, elle a ajouté: "Le but est clair: attaquer sans relâche les droits à la santé reproductive jusqu'à ce que l'avortement ne soit plus qu'un droit sur le papier."

Bien que le droit à avorter ait été reconnu par la Cour suprême en 1973, il continue de diviser fortement le pays, avec une forte opposition aux IVG dans les milieux religieux, et constitue un puissant instrument de mobilisation des électeurs à droite.