Les Etats-Unis n'excluent pas une reprise des négociations avec les talibans, auxquelles Donald Trump a mis fin samedi, à condition que les insurgés "changent d'attitude" et respectent leurs engagements, a déclaré dimanche le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo.

Il a également assuré que le président des Etats-Unis n'avait "pas encore décidé" s'il irait de l'avant avec la décision de retirer plusieurs milliers de soldats américains d'Afghanistan, comme prévu dans le projet d'accord qui avait été négocié avec les talibans.

Interrogé sur la chaîne ABC sur le sort des négociations après l'annonce spectaculaire du milliardaire républicain, le secrétaire d'Etat a confirmé que l'émissaire américain Zalmay Khalilzad, artisan des pourparlers, allait "rentrer à la maison pour l'instant".

"J'espère que les talibans vont changer d'attitude et confirmer les engagements qu'ils avaient pris. Au bout du compte, tout cela devra être résolu par le dialogue", a-t-il dit, appelant aussi de ses voeux une rencontre directe entre le gouvernement afghan et les insurgés, qui s'y sont refusés jusqu'ici.

"On a besoin d'un engagement significatif" de la part des talibans pour reprendre les discussions, a-t-il ajouté.

"Si les talibans ne se comportent pas mieux, s'ils ne tiennent pas les engagements qu'ils ont pris auprès de nous pendant des semaines, voire des mois, le président des Etats-Unis ne va pas réduire la pression. Nous n'allons pas réduire notre soutien aux forces de sécurité afghanes", a-t-il poursuivi sur une autre chaîne, CNN.

Donald Trump a invoqué l'attentat meurtrier de jeudi à Kaboul, revendiqué par les talibans et qui a notamment tué un soldat américain, pour mettre fin aux négociations directes engagées par les Etats-Unis depuis un an et annuler par la même occasion une réunion, jusque-là tenue secrète, qui devait se tenir ce dimanche à Camp David avec les chefs des insurgés et le président afghan Ashraf Ghani.

"Nous pensions que nous aurions pu convaincre à cet endroit tous les dirigeants de l'Afghanistan, ainsi que les talibans, à améliorer la situation en Afghanistan", a justifié Mike Pompeo. Donald Trump était "prêt à prendre des risques pour cela".

Il a d'ailleurs confirmé que les négociations avaient pourtant permis de faire "d'énormes progrès". "Nous avions un engagement des talibans assurant qu'ils rompraient avec Al-Qaïda. Ils ont dit qu'ils réduiraient la violence", a-t-il souligné.

Mais après le nouvel attentat, "le président Trump a dit 'assez'", a expliqué le ministre des Affaires étrangères.

Les talibans ont eux averti dimanche les Etats-Unis qu'ils souffriraient "plus que tout autre", en réaction à l'arrêt des négociations.

Le mouvement rebelle souligne dans un communiqué qu'il ne se satisfera de "rien d'autre que d'une fin de l'occupation (...) et poursuivra son djihad pour atteindre ce grand objectif ". Les talibans disent cependant dans le même temps "croire" que Washington reviendra à la table des négociations.