Un couac dans la campagne auprès de l’Onu contre le Venezuela.

Le chef du renseignement militaire en Colombie a offert lundi sa démission après que le président Ivan Duque eut remis jeudi au secrétaire général de l’Onu un dossier sur la présence de guérilleros colombiens au Venezuela, contenant des photos accompagnées de fausses informations.

Selon le président colombien Ivan Duque, ce dossier de 128 pages contiendrait des "preuves indéniables et irréfutables" de l’appui du Venezuela aux guérilleros de l’Armée de libération nationale (ELN) et aux dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc).

Mais au moins deux des photos jointes aux documents, qui n’ont pas été publiés dans leur intégralité, sont accompagnées de données inexactes.

Manipulation

La première, montrant des rebelles de l’ELN, est présentée comme prise en avril 2018 dans l’État vénézuélien de Tachira. Mais elle a en fait été publiée en juin 2015 par le quotidien El Colombiano, selon lequel elle a été prise dans le département colombien du Cauca et lui a été remise par des membres du renseignement militaire. M. Duque s’est défendu en arguant que c’était une photo "de contexte" et "anecdotique au sein du dossier".

Par ailleurs, les documents font état d’un "massacre" commis en octobre 2018 dans l’État vénézuélien de Bolivar lors d’"affrontements" entre l’ELN et des gangs locaux. La dénonciation est illustrée avec une photo d’une cabane de bois marquée du sigle de l’ELN. Mais elle a été prise dans la région colombienne du Catatumbo par l’AFP.

Une porte-parole du ministère colombien de la Défense a présenté des excuses à l’agence française vendredi par téléphone, précisant que deux autres photos de l’AFP, prises aussi en Colombie et non au Venezuela, avaient été intégrées au dossier, sans crédit.

La Colombie et les États-Unis sont à la tête de la pression internationale visant à évincer M. Maduro du pouvoir au profit de son opposant Juan Guaido, reconnu par une cinquantaine de pays comme président par intérim.

La tension entre Bogota et Caracas s’est accrue ces dernières semaines, avec des manœuvres militaires et le déploiement de missiles à la frontière par M. Maduro, qui a traité M. Duque d’"imbécile" pour avoir remis de fausses informations à l’Onu. (AFP)