C'est un nouveau témoignage, laissé par écrit par un policier de l'époque, qui conduit les filles de Malcolm X, alias El-Hajj Malik El-Shabazz, à demander la réouverture de l'enquête sur son meurtre.

Le 21 février 1965 le militant et activiste afro-américain pour les droits civiques est abattu par 21 balles lors d'un discours au Audubon Ballroom, à Harlem. Muhammad Aziz, Moudjahid Abdul Halim et Khalil Islam, trois membres de l'organisation politico-religieuse Nation of Islam (NOI), dont Malcolm X fut le porte-parole avant qu'il s'en distancie non sans que cela provoque des conflits avec son leader, ont été reconnus coupables en 1966 et condamnés à la prison à vie.

Mais dans cette lettre, dévoilée lors d'un point presse, ce policier new-yorkais de l'époque met en cause la police de New-York et le FBI. Robert Wood, qui ne souhaitait pas que son témoignage soit rendu public avant son décès, dit ainsi avoir été chargé de s'assurer qu'il n'y aurait pas de gardes de sécurité à l'entrée du bâtiment où Malcolm X devait faire son allocation le jour de sa mort. Pour ce faire, il se serait rapproché de l'entourage du militant et aurait piégé deux de ses gardes du corps, qui ont été arrêtés quelques jours avant l'assassinat. De plus, le témoin avance que la police de New York et le FBI ont tenu secret certains éléments du dossier.

"Tout élément qui permette de mieux connaître la vérité sur cette terrible tragédie devrait être examiné avec soin", a ainsi déclaré Ilyasah Shabazz, une des six filles de Malcolm X, lors du point presse. Contacté dimanche par l'AFP, un porte-parole du procureur de Manhattan a indiqué que "l'examen" du dossier était "en cours". La police de New York a indiqué à l'agence française avoir communiqué aux services du procureur "toutes les archives liées à cette affaire". Le NYPD "reste prêt à contribuer à cet examen de quelque manière que ce soit". Le FBI contacté lui aussi par l'AFP, n'a pas donné suite.

En février 2020, après la diffusion d'un documentaire sur Netflix ("Who Killed Malcolm X?"), le procureur de Manhattan Cyrus Vance avait demandé à ses équipes un examen du dossier afin de déterminer si l'enquête devait être ou non rouverte. Ce documentaire de six épisodes qui suit les pas de l'historien Abdur-Rahman Muhammad parti à la recherche de réponses sur ce meurtre questionne la culpabilité des trois personnes condamnées et suggérait déjà l'implication du FBI dans l'affaire. Islam Khalil et Aziz Muhammad ont clamé leur innocence pendant des années, ce dernier bénéficié d'une remise de peine en 1985, mais n'a pas encore été réhabilité.