Donald Trump et son prédécesseur, Barack Obama, ont déterré la hache de guerre. La raison de ce regain de tensions? Les critiques du démocrate à l'égard de la gestion de l'épidémie de coronavirus par le locataire de la Maison-Blanche. "Un désastre chaotique absolu", a estimé celui qui a été à la tête du pays de 2009 à 2017. Des commentaires qui n'ont pas plu - loin de là - à l'actuel président américain. Donald Trump a alors brandi une théorie aux accents complotistes, selon laquelle le président démocrate aurait mobilisé les moyens de l'Etat fédéral avant son départ de la Maison-Blanche pour provoquer la chute de son successeur.

Les accusations qui ont fusé de toutes parts ont laissé présager de l'état déplorable de la relation qu'entretiennent actuellement les deux hommes. Et cette détérioration pourrait bien avoir un impact sur une tradition mise en oeuvre aux États-Unis depuis de longues années. Celle-ci consiste à inaugurer à la Maison-Blanche le portrait de l'ancien chef d'Etat en compagnie de son successeur. Elle ne devrait toutefois pas avoir lieu sous la présidence de Trump. Comme l'a rapporté la chaîne NBC News, le milliardaire n'envisagerait plus d'organiser une telle cérémonie en l'honneur de son prédécesseur. Des contacts avaient pourtant été pris auparavant pour la mise en place de l'événement.

"Cette peinture pourrait voir et entendre ce que je dis"  

Au-delà des tensions apparentes entre les deux hommes, l'actuel locataire de la Maison-Blanche aurait fait savoir que l'idée d'accrocher un portrait de Barack Obama à l'un de ses murs l'effrayait. "Cette peinture pourrait voir et entendre tout ce que je dis", aurait expliqué Trump selon The New Yorker. L'actuel président américain aurait même fait enlever tous les portraits de ses prédécesseurs susceptibles de le trahir. Seul Nixon aurait échappé à ce ménage de printemps, comme le rapporte une source du New Yorker. 

Une tradition que seul Jimmy Carter n'avait pas tenu à respecter

Si la tradition du portrait présidentiel accroché à un mur de la Maison-Blanche remonte à George Washington, la cérémonie au cours de laquelle il est dévoilé est une coutume datant d'il y a plus de 40 ans. Hormis Jimmy Carter qui, par timidité, avait refusé d'être présent, tous les présidents ont bénéficié de l'honneur de cette célébration à la Maison-Blanche. Barack Obama avait lui-même accueilli Georges W. Bush pour cette occasion. Il avait notamment expliqué dans son discours que son prédécesseur avait été la première personne qu'il avait contactée pour lui faire part de la mort d'Oussama Ben Laden. Les deux couples s'étaient, en effet, montrés particulièrement complices au cours de la cérémonie qui avait marqué le début d'une réelle amitié entre Michelle Obama et Bush.

Au-delà de son côté traditionnel, cette célébration est ainsi perçue comme un moment important aux Etats-Unis. Il s'agit là d'une occasion particulière au cours de laquelle les turpitudes liées à une campagne présidentielle parfois menée à couteaux tirés peuvent définitivement être mises de côté.