Un tribunal londonien entame lundi des audiences pour déterminer qui est le représentant légitime du peuple vénézuélien entre l'actuel président Nicolas Maduro et l'opposant Juan Guaido, dans une affaire où s'affrontent la banque centrale du Venezuela et celle d'Angleterre.

Les audiences, devant un tribunal commercial amené à se prononcer sur une question politique aux importantes conséquences diplomatiques, se dérouleront par vidéoconférence et doivent s'achever jeudi.

"La question de la reconnaissance pourrait débloquer le reste", à savoir le devenir des réserves d'or du Venezuela, a défendu l'avocat Andrew Fulton, défenseur de M. Guaido, président de l'Assemblée nationale du Venezuela et reconnu comme président par intérim du pays par près d'une soixantaine de pays dont les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Depuis la reconnaissance de M. Guaido par les Britanniques en février 2019, la Banque d'Angleterre (BoE) a systématiquement refusé à Caracas de lui rendre une partie des réserves d'or qu'elle détient pour son compte.

Le Venezuela a effectué plusieurs demandes pour récupérer l'équivalent d'un milliard de dollars (environ 991 millions d'euros) de lingots tandis que Juan Guaido a écrit à deux reprises à la BoE pour lui enjoindre de rejeter ces demandes de Caracas.

La Banque centrale du Venezuela (BCV) a donc fini par assigner la Banque d'Angleterre devant un tribunal, faisant valoir qu'elle avait besoin de ces fonds pour lutter contre la pandémie de Covid-19.

"La Banque d'Angleterre a l'obligation morale de permettre au Venezuela de vendre l'or du pays afin de permettre au Pnud d'aider efficacement la population vénézuélienne dans la lutte contre le Covid-19", a déclaré fin mai l'avocat de l'institut monétaire vénézuélien, Sarosh Zaiwalla.

Afin de prouver sa bonne foi, la BCV avait proposé en avril que l'or soit transféré directement au Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud).

Contactée à plusieurs reprises par l'AFP, la Banque d'Angleterre, qui détient des réserves d'or pour le compte de nombreux pays, a déclaré qu'elle ne commentait pas les informations concernant les relations avec ses clients.