Les violences, qui ont marqué les manifestations récentes contre une réforme fiscale en Colombie ont fait près d'une vingtaine de morts et plus de 800 blessés, et la mobilisation se poursuivait lundi malgré le retrait du projet par le président Ivan Duque. Cinq jours de protestation depuis mercredi dernier se sont soldés par la mort de 18 civils et d'un policier, selon le dernier bilan communiqué à la mi-journée par le Défenseur du peuple, entité publique de protection des droits.

Le ministère de la Défense a pour sa part fait état de 846 blessés, dont 306 civils.

En outre, 431 personnes ont été interpellées au cours des troubles qui ont émaillé certaines manifestations, bien que la plupart aient été pacifiques.

Alors que le gouvernement a déployé l'armée en renfort dans les villes les plus affectées, plusieurs ONG ont accusé la police d'avoir tiré sur des civils.

De son côté, le ministre de la Défense, Diego Molano, a affirmé que les incidents violents étaient "prémédités, organisés et financés par des groupes dissidents des Farc" - qui ont rejeté l'accord de paix signé en 2016 par l'ex-guérilla marxiste - ainsi que par l'Armée de libération nationale (ELN), considérée comme la dernière rébellion de Colombie.

Il a par ailleurs dénoncé des dégâts causés à 313 établissements commerciaux, 94 banques, 69 stations de transports publics, 36 guichets bancaires automatiques et 14 péages routiers.

Il a finalement également annoncé sa démission. 

Sous la pression des manifestations, massives le 28 avril et qui se sont répétées les jours suivants avec une ampleur diverse selon les villes, le président conservateur Ivan Duque a annoncé dimanche soir le retrait de la réforme fiscale, en cours d'examen au parlement.