Le président américain Donald Trump a dénoncé jeudi des décisions "horribles" et "orientées politiquement" de la Cour suprême des Etats-Unis, qui lui a infligé deux revers cette semaine dans deux dossiers différents. Avec ses jugements sur les droits des salariés gays et transgenres et le statut de centaines de milliers de jeunes migrants, le temple du droit américain "crache à la figure des gens fiers de se considérer comme républicains ou conservateurs", a-t-il écrit sur Twitter.

"Avez-vous l'impression que la Cour suprême ne m'aime pas? ", s'est-t-il également interrogé, dans sa première attaque frontale contre la haute juridiction, qu'il a pourtant profondément remaniée.

Dans sa campagne de 2016, il avait conquis la droite religieuse en promettant de nommer à la haute cour des juges partageant ses valeurs, notamment sur l'avortement ou le droit au port d'armes.

Depuis son élection, il y a fait entrer Brett Kavanaugh et Neil Gorsuch, solidifiant la majorité conservatrice (cinq magistrats sur neuf) de la Cour.

Celle-ci lui a accordé depuis plusieurs victoires, notamment en matière d'immigration, par exemple en validant son décret controversé interdisant l'entrée sur le sol américain aux personnes originaires de plusieurs pays musulmans.

Alors qu'il brigue un second mandat le 3 novembre, Donald Trump vantait jusque-là régulièrement ses "formidables" juges, devenus une fierté de son bilan.

Mais les juges conservateurs ne votent pas tous comme un seul homme. A la surprise générale, Neil Gorsuch a joint sa voix lundi à ses quatre collègues progressistes pour étendre les droits des salariés homosexuels et transgenres.

Jeudi, c'est le chef de la Cour, John Roberts, un conservateur modéré très soucieux de l'image de la juridiction, qui s'est rallié au bloc progressiste. Ensemble, ils ont interdit à l'administration républicaine de mettre un terme à un programme protégeant de l'expulsion environ 700.000 jeunes migrants, les "Dreamers".