Le maire de la ville de l'Etat du Winsconsin John Antamarian a fait savoir qu'après une concertation avec la police, il avait estimé que la mesure n'était plus nécessaire. "Les dernières nuits se sont déroulées relativement calmement. Et de l'avis des forces de l'ordre, un couvre-feu n'est plus nécessaire". Par rapport aux nuits précédentes, "l'atmosphère a radicalement changé", a confirmé le shérif du comté David Beth lors d'une conférence de presse. Après l'imposition du couvre-feu, "il n'y avait que quelques centaines de personnes qui ont marché pacifiquement", a-t-il ajouté.

La colère contre les violences policières visant les Afro-Américains a été ravivée lorsque Jacob Blake, père de famille de 29 ans a été touché de plusieurs balles dans le dos tirées à bout portant par un policier blanc, sous l'oeil de ses trois petits garçons à Kenosha. Selon son avocat, il restera paralysé.

L'auteur des tirs, l'agent Rusten Sheskey, a été mis à pied, mais n'a pas été arrêté ni inculpé, ce qui a alimenté le sentiment d'injustice. Pendant trois nuits, les manifestations ont été émaillées de violences qui ont fait deux morts et un blessé grave.

Un jeune de 17 ans, Kyle Rittenhouse, qui s'était joint à des groupes d'hommes en armes affichant leur volonté de "protéger" la ville, a été arrêté et inculpé pour ces meurtres. Il est soupçonné d'avoir ouvert le feu sur des manifestants avec un fusil d'assaut.

Si la tension retombe dans la ville du Wisconsin, le monde sportif américain, basketteurs de la NBA en tête, a démarré un mouvement de boycott des compétitions sans précédent en réaction à l'affaire Jacob Blake.

Le président républicain Donald Trump a visité la ville mardi mais n'a pas rencontré les proches de cet homme de 29 ans, blessé lors d'une interpellation le 23 août.

Le candidat démocrate à l'élection présidentielle de novembre, Joe Biden, tentera de marquer le contraste avec son rival en rencontrant jeudi à Kenosha la famille de la victime.

Un responsable de l'équipe de Joe Biden a pu "confirmer" la rencontre prévue, sans plus de détails. 

C'est ostensiblement pour "panser les plaies" de cette ville du Wisconsin, un Etat-clé pour la présidentielle du 3 novembre, que l'ancien vice-président de Barack Obama fera ce rare déplacement. Mais le signal est évident: après des mois d'extrême prudence à cause de la pandémie, le vétéran de la politique descend finalement dans l'arène.

"J'aimerais sortir plus mais je pense qu'un président a la responsabilité de donner l'exemple" en respectant les mesures de précaution pour éviter la propagation du nouveau coronavirus, a déclaré Joe Biden mercredi.

C'est après consultations de ses experts médicaux que l'ancien vice-président de Barack Obama a donc décidé de se rendre jeudi à Kenosha.