Quelques jours à peine après les violences survenues au Capitole qui ont fait 5 morts et plusieurs blessés, des messages incitant à la haine et prévoyant des rassemblements violents ont à nouveau fait leur apparition sur les réseaux sociaux.

Des messages qui surviennent alors que Twitter a annoncé prendre des mesures et supprimer de nombreux comptes liés aux mouvements suprémacistes blancs ou aux partisans de Donald Trump impliqués dans les violences au Capitole. Le compte de Donald Trump a également été supprimé de manière permanente par la plateforme. Sur Facebook, Instagram et Snapchat, des mesures similaires ont été prises afin de limiter le risque de représailles et de violence.

Réseaux sociaux alternatifs

Mais ces actions prises n'empêchent pas les partisans radicalisés de s'organiser en ligne. Cette fois, les partisans de Trump, suprémacistes blancs et autres adeptes des théories du complot ne prennent pas la peine de cacher leurs intentions. "Nous allons prendre d'assaut les bâtiments du gouvernement", "Trump ou la guerre", "Beaucoup d’entre nous reviendront le 19 janvier 2021, avec nos armes… Un nombre qu’aucune armée ou force de police ne pourra égaler", peut-on lire sur des messages postés sur différentes plateformes. Certains utilisateurs vont même jusqu'à s'adresser aux personnes qui ne savent pas tirer avec une arme à feu en leur disant qu'il est maintenant nécessaire d'apprendre.

© Capture d'écran

Des messages sans équivoque, qui appellent à la violence, voire même à la guerre. Des captures d'écran circulent désormais sur Twitter et Reddit, où de nombreux internautes se mobilisent afin de surveiller ces individus dangereux et de dénoncer leurs propos au FBI. De nombreuses personnes ayant participé à l'invasion du Capitole ont déjà pu être arrêtées par le FBI, grâce aux informations reçues via un site lancé pour l'occasion

La plupart de ces appels sont publiés via des réseaux sociaux alternatifs, comme Parler ou Wimkin. Toutes deux sont connues pour être l'un des repères des partisans de Donald Trump, ainsi que de la droite radicale. Mêlant forum et messagerie, l'application Parler a rapidement pu séduire les partisans de Donald Trump. Elle détient quatre millions d’utilisateurs actifs. Son principal atout, selon eux, est que contrairement à Facebook ou Twitter, la liberté d'expression y est "totale" et aucun propos n'est censuré. L'application vient d'être supprimée de l'App Store d'Apple et du Play Store de Google.

Craintes pour l'inauguration de Joe Biden

Si la présidence de Donald Trump touche bientôt à sa fin, de nombreux experts tirent encore une fois la sonnette d'alarme. Selon eux, les appels à la violence n'ont fait que s'intensifier en prévision du 20 janvier, jour de l'investiture de Joe Biden.

"Nous voyons des discussions de la part de ces suprémacistes blancs, de ces extrémistes d'extrême droite - ils se sentent encouragés en ce moment", a déclaré à CNN Jonathan Greenblatt, le PDG de l'Anti-Defamation League, qui traque et combat la haine. "Nous nous attendons pleinement à ce que cette violence puisse en fait s'aggraver avant de s'améliorer."

De son côté, John Scott-Railton, un chercheur du Citizen Lab, un groupe de l'Université de Toronto qui surveille la cybersécurité, a déclaré à CNN être "terriblement préoccupé" par cette inauguration. "Alors que le grand public a été horrifié par ce qui s'est passé mercredi au Capitole, dans certains coins de la conversation de droite, ce qui s'est passé... est considéré comme un succès", souligne-t-il.

Dans un message posté sur Twitter vendredi, avant la suppression de son compte, Donald Trump annonçait qu'il n'assisterait pas à la cérémonie d'investiture de son successeur démocrate Joe Biden. "A tous ceux qui ont demandé, je n'assisterai pas à la cérémonie d'investiture le 20 janvier", a-t-il écrit. Une annonce à laquelle a réagi Joe Biden quelques heures plus tard. "C'est une bonne chose", a déclaré le démocrate.

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L'inauguration de Joe Biden est considérée comme un "événement spécial de sécurité nationale". Cela lui confère le plus haut niveau de préparation en matière de sécurité, avec toute la puissance que peuvent rassembler les agences fédérales dirigées par les services secrets et le FBI. Un renforcement de sécurité déjà visible, puisqu'une clôture infranchissable de 2,5 mètres de haut a été installée autour du Capitole. L'état d'urgence a également été déclaré à Washington DC. Plus de 6 200 membres de la garde nationale seront présents dans la ville dès aujourd'hui.