Cette semaine, Donald Trump s'en est violemment pris à son prédécesseur Barack Obama. Sa dernière rengaine? Un gigantesque "Obamagate" qui ne serait rien de moins que "le plus grand crime politique de l'histoire des Etats-Unis".

S'il ne cesse d'évoquer l'Obamagate dans ses tweets, Donald Trump n'a pourtant jamais jugé bon de préciser à quoi il faisait référence... Selon The Independent, l'Obamagate est en réalité un terme fourre-tout qui regroupe plusieurs théories du complot selon lesquelles Barack Obama et son administration, dont Joe Biden, candidat à la présidentielle de 2020, auraient tenté de déstabiliser la présidence de Donald Trump.

Lorsqu'en début de semaine, un journaliste du Washington Post a demandé au Président ce qu'il entendait par "Obamagate", Donald Trump s'est montré très évasif, expliquant seulement que l'Obamagate "durait depuis longtemps". "Cela a commencé avant que je sois élu. C'est une honte que ce soit arrivé. (...) Ce n'est que le début. Des trucs horribles se sont passés, on ne devrait jamais accepter que cela se reproduise", s'est-il ensuite emporté. Mais quand le journaliste a insisté en demandant de quelle affaire il parlait, Donald Trump a répondu "vous savez très bien de quel crime il s'agit, c'est évident"... sans donner plus de détails.

Loin de se démonter, Donald Trump a poursuivi sur sa lancée. "L'Obamagate va faire passer le Watergate (scandale qui avait poussé le président de l'époque, Richard Nixon, à démissionner, NdlR.) pour quelque chose de rien du tout", a affirmé l'ex-homme d'affaires, jamais avare de déclarations chocs.

Alors, l'Obamagate, qu'est-ce que c'est?

L'Obamagate, brandi par Donald Trump ces derniers jours, est en réalité lié à Michael Flynn, l'ancien conseiller à la Sécurité nationale de Donald Trump. Pour rappel, celui-ci avait dû quitter son poste au bout de seulement trois semaines pour avoir dissimulé ses contacts avec un ambassadeur russe fin 2016, lors de la période de passation de pouvoir entre Obama et Trump. Et, accessoirement, pour avoir menti au vice-président Mike Pence. Après sa démission, le général Michael Flynn était devenu l'une des cibles principales de l'enquête sur l'ingérence de la Russie dans la campagne de Donald Trump. Il avait alors accepté de coopérer et de plaider coupable de parjure... avant de changer de stratégie et de se déclarer victime de manipulation. 

Si Donald Trump charge Barack Obama depuis plusieurs jours, c'est parce que cette affaire a connu un énième rebondissement la semaine dernière. Le ministère américain de la Justice a en effet décidé d'abandonner toutes les charges contre Michael Flynn. "Il était innocent. Il a été ciblé juste pour me faire tomber", déclarait dans la foulée Donald Trump, évoquant un "complot".

Donald Trump accuse ainsi Barack Obama et son administration, dont Joe Biden, d'avoir consacré les dernières semaines de son mandat pour enquêter sur Michael Flynn et d'avoir "utilisé illégalement les services gouvernementaux" pour lui nuire. Il est vrai que la justice américaine s'est intéressée à l'ingérence russe alors que Barack Obama était toujours au pouvoir. Ce "chevauchement" a d'ailleurs engendré une enquête au Sénat, dominé par les Républicains, dont les résultats ne sont pas encore connus. Toutefois, selon The Independant et une enquête d'Associated Press, aucune preuve ne permet d'accréditer pour l'instant l'existence d'un "Obamagate", soit d'une volonté de Barack Obama de nuire à Donald Trump. Selon plusieurs médias, l'Obamagate serait simplement une façon pour Donald Trump de "distraire l'opinion et de mobiliser sa base", à six mois de la présidentielle.

Donald Trump semble en tout cas bien décidé à miser sur cet argument jusqu'au bout. "Si j'étais un sénateur ou élu de la Chambre, la première personne que j'appellerais pour témoigner dans ce qui est, de loin, le plus grand scandale de l'histoire des USA, serait l'ancien président Obama. Il savait tout", a tweeté le pensionnaire de la Maison Blanche. Un appel du pied à Lindsey Graham, le président de la commission judiciaire au Sénat, afin de le pousser à faire témoigner Barack Obama. Malheureusement pour Donald Trump, le républicain a aussitôt précisé qu'il n'en ferait rien... "Je ne pense pas que cela soit opportun pour moi de faire cela", a-t-il souligné.

Face à toutes ces accusations, Barack Obama a réagi sur Twitter d'un simple "vote". Un appel clair à aller voter (pour le candidat démocrate) à l'élection présidentielle.