Avant l’appel téléphonique qui a eu lieu, ce jeudi, les deux hommes ne s’étaient plus parlé depuis le 2 juin. Le président et le docteur qui travaillent ensemble sur la gestion de la crise sanitaire ne cessent de s'attaquer. Retour sur une relation mouvementée.

“Je ne crois pas qu’on puisse dire que nous nous en sortions bien.”

Cela fait des mois que le président américain minimise le risque que représente le Covid-19. Les blagues sur le virus se multiplient au fil des semaines et la crise ne semble pas alarmer la Maison-Blanche.

Anthony Fauci, membre de la taskforce corona de Trump, se démarque des propos de l’exécutif américain en soulignant la mauvaise gestion des Etats-Unis de cette crise sanitaire. “En tant que pays, quand nous nous comparons à d’autres nations, je ne crois pas qu’on puisse dire que nous nous en sortions bien. Ce n’est tout simplement pas le cas”, affirme le virologue expert en maladies infectieuses, le 9 avril.

Le début des contradictions

Les avis commencent à se diviser quand l’hydroxychloroquine, comme potentiel traitement, fait son arrivée. Poussé par Peter Navarro, assistant au président au bureau exécutif, le gouvernement américain prend la décision d’investir massivement dans ce médicament, que le Dr. Fauci décrit comme étant inutile.


Le deux hommes se contredisent aux mêmes conférences de presse. À titre d’exemple, le 12 avril, alors que le président affirme vouloir ouvrir les frontières du pays pour Pâques, l’immunologiste réaffirme que cette décision doit rester flexible.

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Quand le président américain propose d’injecter du produit désinfectant dans le corps des patients, le médecin insiste sur l’importance des tests.

En mai, éclate alors la première joute médiatique. Les deux hommes ne sont pas du tout d’accord quant à la réouverture des écoles. Le locataire de la Maison-Blanche souhaite que les écoliers et étudiants reprennent le chemin des cours en automne, mais l’expert des maladies infectieuses s’y oppose. Il explique que “cela irait trop loin", les vaccins n'étant certainement pas encore disponibles pour la rentrée scolaire. Une réponse que le président catégorise d’inacceptable.


Le coup de grâce

Le 10 juillet dernier, le Dr. Fauci, se permet de corriger l'exécutif américain, qui affirme que “99 %” des cas de Covid-19 aux Etats-Unis sont “totalement inoffensifs”. Stupéfait, le médecin se confie au Financial Times. “Je pense que quelqu’un a dû lui dire que le taux de mortalité était autour de 1 % et il en a déduit qu’il n’y a pas de problème pour les 99 % restant, alors que ce n’est évidemment pas le cas”, fustige le spécialiste. Cette intervention déplaît fortement à Donald Trump.


L’expert attaqué par le camp Trump

Le docteur fait alors une nouvelle sortie médiatique remarquée. Il y affirme que la situation épidémiologique des USA n'est “vraiment pas bonne”. Peter Navarro monte au créneau et contredit l’avis de l’immunologiste en soulignant que l’expert avait déjà fait de nombreuses erreurs. L'assistant au président au bureau exécutif tente de discréditer le médecin en affirmant écouter les conseil du Dr. Fauci avec “scepticisme et précaution”.

Le Dr. Fauci sauvé par sa popularité

Mais la popularité du docteur oblige l’exécutif américain à faire marche arrière et à réprimander Peter Navarro. Trump affirme alors entretenir une bonne relation avec l'immunologiste, malgré quelques désaccords occasionnels et les “nombreuses erreurs” que celui-ci aurait commis.

Aujourd'hui, des sondages menés sur la popularité de Fauci présentent des résultats qui risque de déplaire au président: 65% des Américains croient les informations qu'Anthony Fauci donne sur le coronavirus, alors que 67% ne croient pas ce que dit Donald Trump, selon une enquête Quinnipiac.