Le président américain Donald Trump a marqué samedi la fête nationale américaine par un discours aux accents de réunion de campagne dans une Amérique divisée, sur fond de regain du Covid-19.

Les festivités ont été revues à la baisse en raison de la pandémie. "Nous sommes en train de vaincre la gauche radicale, les marxistes, les anarchistes, les agitateurs et les pilleurs", a lancé Donald Trump lors d'une cérémonie dans les jardins de la Maison-Blanche.

Le milliardaire républicain s'en est aussi pris, aux médias "qui accusent à tort leurs opposants d'être racistes". "Plus vous mentez, plus vous calomniez [...] plus nous travaillerons pour dire la vérité et nous vaincrons", a-t-il asséné, à quatre mois de l'élection présidentielle.

Le locataire de la Maison-Blanche a également visé la Chine, d'où est parti le nouveau coronavirus, réaffirmant qu'elle devrait "rendre des comptes".

Fidèle au message qu'il martèle depuis plusieurs jours, Donald Trump a une nouvelle fois minimisé la signification de la hausse spectaculaire de nombre de cas de Covid-19, qui alarme les autorités sanitaires. "Nous avons fait beaucoup de progrès. Notre stratégie fonctionne bien", a-t-il lancé. Il a martelé sa conviction qu'un traitement et ou un vaccin seraient probablement disponibles "bien avant la fin de l'année".

Des restrictions pour cause de pandémie

Le 4 juillet, les États-Unis ont recensé plus de 43 000 nouvelles infections dues au coronavirus les dernières 24 heures, selon un comptage de l’université Johns Hopkins, qui fait référence.

Le pays compte 2 836 764 malades depuis le début de la pandémie. Le pays a aussi recensé 252 nouveaux décès dus au Covid-19, selon la même source, portant le nombre total de morts à 129 657. Ces chiffres dénotent un ralentissement par rapport aux trois jours précédents, qui avaient tous été marqués par des records, dont plus de 57 000 nouvelles contaminations vendredi.

Devant l’ampleur de la crise sanitaire, le maire du comté de Miami-Wade, le plus peuplé du pays avec près de 2,7 millions d’habitants, a décrété vendredi un couvre-feu à partir de 22 h 00 locales.

À Atlanta, Nashville, les concerts ou feux d’artifice ont été annulés. Dans la ville texane de Houston, foyer de l’épidémie dans le grand État du Sud, le 4 juillet est fêté en ligne. Enfin à New York, les baigneurs sont revenus sur la plage de Coney Island, rouverte depuis quelques jours, mais beaucoup ont pris leurs précautions.

Le virulent discours présidentiel a été suivi d’un défilé aérien d’appareils de la Seconde Guerre mondiale et un show de la patrouille des Blue Angels.

Le Jour de l’indépendance célèbre un fait historique, lorsqu’en 1776, treize colonies britanniques proclamèrent leur séparation de la couronne britannique et fondèrent les États-Unis d’Amérique.

Au Mont Rushmore

Vendredi au Mont Rushmore, le président Trump avait déjà lancé un avertissement à ceux qui déboulonnent les statues dans le pays, dans la foulée de la mort de l’Afro-Américain George Floyd. Alors que des statues de généraux confédérés ont été mises à terre par des manifestants antiracistes, il a sous les applaudissements de ses sympathisants dénoncé “une campagne visant à effacer notre histoire, diffamer nos héros, supprimer nos valeurs et endoctriner nos enfants”.

“Dans nos écoles, dans nos rédactions, même au siège de nos entreprises, il existe un fascisme de l’extrême-gauche qui demande une allégeance absolue. Si vous ne parlez pas leur langage, ne faites pas leurs rituels, ne récitez pas leurs mantras et suivez leurs commandements, alors vous allez être censurés, bannis, mis sur liste noire, persécutés et punis”, a-t-il ajouté.

Notre pays a été fondé sur une idée, celle que nous naissons tous égaux. Nous n’avons jamais été à la hauteur de cette idée”, a déclaré samedi Joe Biden, candidat à la présidentielle de novembre. L’ancien vice-président de Barack Obama a appelé à s’unir pour surmonter “plus de 200 ans de racisme systémique”.