Les sénateurs américains et la Maison Blanche poursuivaient samedi leurs négociations pour s'entendre sur un gigantesque plan d'aide qui pourrait dépasser les 1.000 milliards de dollars, destiné à contrer l'impact économique du nouveau coronavirus aux Etats-Unis.

L'heure était à l'optimisme sur la colline du Capitole, le siège du Congrès, où les tractations risquaient pourtant de se poursuivre jusque tard.

Les émissaires de la Maison Blanche ont laissé entendre que le coût final des mesures pourrait aller jusqu'à 1.400 milliards de dollars.

Son conseiller économique Larry Kudlow avait même évoqué 2.000 milliards de dollars à son arrivée au Congrès, selon des médias américains, mais a ensuite expliqué que ce montant comprenait aussi d'autres mesures.

"Nous préparons des mesures comme personne n'en a jamais vu", a déclaré Donald Trump, au cours d'une conférence de presse à la Maison Blanche.

"Nous travaillons rapidement pour adopter une nouvelle loi qui offrira un soutien majeur aux petites entreprises, aux secteurs touchés et versera directement de l'argent aux formidables Américains qui travaillent et aux familles qui travaillent dur", a-t-il ajouté.

Malgré l'échec de la tentative de parvenir à un accord dès vendredi soir, comme le voulait le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, ce dernier a affirmé samedi après-midi qu'il était "de plus en plus proche".

Démocrates, républicains ainsi que les négociateurs mandatés par la Maison Blanche "continuent de travailler à un accord", a-t-il déclaré dans l'hémicycle.

Sans attendre le résultat des négociations, il a fixé un premier vote de procédure sur le texte pour dimanche à 15H00 (19H00 GMT), puis "le Sénat votera lundi" pour l'approuver, a-t-il réaffirmé.

Le texte devra ensuite être voté par la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, avant d'être promulgué par le président républicain Donald Trump.

Les mesures de relance, présentées jeudi par M. McConnell, comprennent des aides directes pouvant aller jusqu'à 1.200 dollars par adulte, ainsi que 300 milliards pour les petites entreprises et 208 milliards pour les compagnies aériennes et d'autres secteurs.

Les démocrates bataillent pour une meilleure protection des salariés, une couverture chômage renforcée et des aides financières plus substantielles aux ménages.

Leur chef au Sénat, Chuck Schumer, s'est également montré optimiste samedi, affirmant avoir eu "une conversation téléphonique très bonne, très détaillée avec" le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin. "Nous (...) faisons des progrès très significatifs", a-t-il affirmé dans l'hémicycle.

Il a rappelé les deux grands objectifs des démocrates concernant ces mesures :

"Répondre à la crise sanitaire avec une injection massive de moyens dans nos hôpitaux et dans les autres infrastructures sanitaires", avec un "plan Marshall pour les hôpitaux", et "placer les travailleurs" avant les entreprises.

"Cela veut dire élargir et réformer profondément l'assurance-chômage", a expliqué M. Schumer.

Donald Trump avait affirmé vendredi avoir eu une "très bonne discussion" avec M. Schumer au téléphone. La présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi avait participé à une partie des négociations au téléphone.

Selon l'université Johns Hopkins, plus de 24.000 cas de coronavirus ont été recensés aux Etats-Unis, qui comptent plus de 280 décès.

Les mesures draconiennes prises pour endiguer la pandémie ont précipité de nombreux secteurs dans la récession.