Une semaine après que des supporters de Trump aient pris d'assaut le Capitole, les Démocrates sont déterminés à ce que le président doive répondre de ses actes. Estimant que le milliardaire a incité ses partisans à l'insurrection, ils ont présenté ce lundi un acte d'accusation à son égard en vue d'entamer une seconde procédure de destitution. Un vote aura lieu, ce mercredi, à la Chambre des représentants où les débats ont débuté dans la journée. Si, jusque dans les rangs républicains, des voix se montrent favorables à ce que le chef d'Etat soit jugé pour les événements du Capitole, d'autres estiment que ce choix n'est pas le plus judicieux. C'est le cas de James Comey, l'ancien directeur du FBI limogé par l'actuel locataire de la Maison-Blanche. Il a confié, dans une interview à NBC, son inquiétude quant aux suites de cette affaire. "Il serait peut-être préférable pour le pays de ne pas poursuivre les accusations criminelles contre le président", a-t-il déclaré. "Je ne pense pas qu'il soit dans l'intérêt national que Donald Trump soit sur nos écrans de télévision tous les jours pendant les trois ou quatre prochaines années."

Selon Comey, cela ne rendrait pas non plus service à Joe Biden, qui entrera en fonction ce 20 janvier. "Cela ne va pas l'aider à guérir la nation, cela ne va pas nous aider à convaincre les millions d'Américains qui se sont faits avoir et qui sont encore pris dans le nuage de mensonges, cela ne va pas aider à unir notre peuple", a-t-il continué sur NBC. Celui dont les péripéties ont fait l'objet d'une mini-série (The Comey Rule) va plus loin en estimant même que là n'est pas le meilleur moyen d'infliger un camouflet à Donald Trump. "C'est une décision difficile et douloureuse, mais je pense que, pour le pays, il est préférable que nous laissions de côté ce président déchu et corrompu, et que les projecteurs se détournent de lui. Il s'agit là, à certains égards de la plus grande punition qu'il pourrait imaginer."

Il a toutefois insisté sur la nécessité de sanctionner toutes les personnes ayant pris part à l'assaut du Capitole. "Ils ont besoin de ressentir la force de l'Etat de droit. Ils ont besoin de voir que nous sommes un pays qui n'accepte pas les attaques contre notre démocratie", a-t-il conclu, visant également le président américain. 

Une volonté de tirer un trait sur la présidence de Trump dont James Comey fait part dans son dernier livre, Saving Justice. Il y conseille à Joe Biden de ne pas poursuivre judiciairement l'actuel locataire de la Maison-Blanche pour permettre aux Américains d'effacer définitivement de leur mémoire le magnat de l'immobilier. 

Cet argument a toutefois été démonté par plusieurs personnalités américaines, notamment dans une opinion publiée par CNN, qui jugent que l'influence de Trump sur la société "ne va pas disparaître du jour au lendemain".