Après la semaine des démocrates, qui ont placé Joe Biden en orbite pour l'élection du 3 novembre, le président américain sera, la semaine prochaine, le personnage central - presque unique - de la convention républicaine.

Donald Trump, qui joue la mobilité géographique face à un Biden cantonné chez lui qu'il qualifie tour à tour de "lent" ("Slow Joe") ou "endormi" ("Sleepy Joe"), se rendra lundi en Caroline du Nord.

C'est là, dans le Convention Center de Charlotte, que quelque 300 délégués représentant les 50 États américains le désigneront formellement une nouvelle fois comme candidat de leur parti.

Le reste se jouera en ligne, essentiellement depuis Washington, avec en point d'orgue le discours du milliardaire jeudi soir, depuis les jardins de la Maison Blanche.

Le choix de ce lieu, bâtiment fédéral chargé en symboles, pour un show éminemment politique, au service d'un seul parti, a fait grincer des dents. Mais Donald Trump est ravi de son coup, et revendique haut et fort sa décision. "C'est un lieu où je me sens bien, c'est un lieu où le pays se sent bien", a-t-il déclaré au New York Post.

Et il a laissé entendre qu'il entendait bien ne pas être seul. "Nous pourrions avoir pas mal de monde. C'est très grand, une immense pelouse. Nous pourrions accueillir beaucoup de monde".

Après avoir longtemps défendu bec et ongles, en dépit de la pandémie du Covid-19, une grande convention festive avec des milliers de participants, le locataire de la Maison Blanche a finalement accepté un format largement virtuel.

Les quatre journées à venir devraient être sensiblement différentes de la grand-messe démocrate. Trois anciens présidents - Jimmy Carter, Bill Clinton, et Barack Obama - se sont exprimé pour Joe Biden. George W. Bush, seul ancien président républicain encore en vie, a depuis longtemps pris ses distances avec le milliardaire.

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Mardi, la Première dame Melania Trump s'exprimera depuis la roseraie de la Maison Blanche, récemment rénovée. Elle tentera de faire oublier la polémique de 2016. Son premier grand discours devant l'Amérique et le monde, lors de la convention du parti républicain, avait tourné au fiasco. Elle avait en effet plagié des passages entiers d'un discours de... Michelle Obama, datant de 2008. La "plume" de son discours avait plaidé coupable, mais la polémique avait gâché son grand moment sous les projecteurs.

Particulièrement discrète ces dernières semaines, elle sera très attendue. Les scènes de la Première dame refusant de prendre la main de son mari à la descente d'Air Force One, ont tourné en boucle, alimentant, une nouvelle fois les spéculations sur les tensions au sein du couple présidentiel.

Mercredi, le vice-président Mike Pence prononcera son discours depuis Fort McHenry, près de Baltimore.

Donald Trump n'a donné aucune indication sur son allocution, insistant simplement sur le fait qu'il s'exprimerait en direct après avoir critiqué Michelle Obama pour son allocution pré-enregistrée.

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Sa fille et conseillère Ivanaka Trump pourrait, comme souvent, se voir réserver une place de choix juste avant le discours présidentiel.

En juillet 2016, à Cleveland, dans l'Ohio, il avait prononcé un discours particulièrement sombre, se présentant comme l'ultime recours.

Si l'on juge par ses déclarations de ces derniers jours, le ton devrait être similaire, voire plus apocalyptique encore. "Si nos opposants l'emportent, personne ne sera en sécurité dans notre pays", a-t-il lancé vendredi. "Ce sera un pays complètement différent et, in fine, cela échouera", a-t-il ajouté, prédisant une récession "similaire à celle de 1929".

"Je suis le seul rempart entre le rêve américain et l'anarchie, la folie et le chaos".