Dans un vote qui a semé la confusion au sein même de la chambre haute, les 50 sénateurs démocrates et cinq républicains, sur 100, ont voté en faveur d'une motion autorisant la convocation de témoins.

L'issue qui semblait la plus probable, un acquittement rapide du milliardaire dans la journée grâce au soutien d'une forte majorité des élus républicains, est ainsi remise en cause. Et la plus grande confusion régnait sur la longueur du délai, tant les mécanismes parlementaires de ces procès en destitution sont rares et complexe.

Convocation d'une témoin républicaine

Les sénateurs ont repris leurs débats comme prévu samedi à 10H00 (15H00 GMT).

Le chef des procureurs démocrates qui portent l'accusation contre Donald Trump dans son procès au Sénat, Jamie Raskin, a annoncé samedi qu'il voulait convoquer une élue républicaine pour témoigner, ce qui pourrait retarder le vote sur le verdict et son probable acquittement.

Jamie Raskin a annoncé en ouverture du cinquième jour du procès de l'ex-président qu'il allait convoquer Jaime Herrera Beutler, une élue de la Chambre des représentants qui a rapporté un échange entre le chef des républicains à la Chambre Kevin McCarthy et Donald Trump survenu lors de l'assaut meurtrier du 6 janvier. Sa requête a été dans la foulée confirmée par un vote soutenu par les 50 démocrates et 5 sénateurs républicains.

Les démocrates veulent entendre une élue républicaine de la Chambre des représentants, Jaime Herrera Beutler, qui a révélé vendredi soir dans la presse et sur Twitter la teneur d'une conversation téléphonique entre un autre élu et Donald Trump le 6 janvier.

Vendredi, son successeur démocrate Joe Biden, qui a passé plus de 35 ans sur les bancs du Sénat, s'est dit "impatient" de voir ce que ses "amis" républicains allaient faire, espérant qu'ils prendraient "leurs responsabilités".

Un premier vote à l'ouverture du procès mardi a esquissé les rapports de force: 56 élus, dont six républicains, avaient jugé le procès conforme à la Constitution, même si Donald Trump a quitté la Maison Blanche.

Vendredi, les avocats du 45e président des Etats-Unis ont contre-attaqué dans un argumentaire concis - trois heures - et musclé.

Selon eux, l'attaque était "horrible" mais le procès est "injuste": c'est un acte "de vengeance politique" destiné "à interdire les discours que la majorité n'aime pas", ont-il lancé.

Dégainant à leur tour des vidéos soigneusement éditées, ils ont assuré que le champ lexical combatif de Donald Trump s'inscrivait dans une "rhétorique politique ordinaire", utilisée à gauche comme à droite et protégée par le Premier amendement de la Constitution qui garantit la liberté d'expression.

Ils ont notamment projeté un film d'une dizaine de minutes, dans lequel toutes les figures du parti démocrate, y compris Joe Biden, promettent de "se battre" sur tous les tons.

La défense a également jugé "absurde" de lier les violences au discours du 6 janvier, soulignant que Donald Trump avait appelé ses partisans à marcher "de manière pacifique et patriote" sur le Capitole.

Le coup de force "avait été planifié à l'avance" par des "criminels" et ne peut pas être imputé au président, ont-ils encore plaidé.

Lors d'une séance de questions-réponses tendue, les procureurs ont rétorqué que Donald Trump n'avait utilisé le terme "pacifique" qu'à une reprise dans son discours, dont la tonalité globale était selon eux "incendiaire". Et ils ont martelé que le coup de force sanglant n'était pas survenu "dans le vide".

Si l'accusation et la défense s'abstiennent, ou si leur requête est rejetée, elles auront alors deux heures maximum chacune pour leur réquisitoire et leur plaidoyer.

Les cent élus pourront se retirer un moment pour délibérer, avant de passer au vote sur le verdict.