Une "tragédie" sans "aucun lien" avec Donald Trump: la défense prend la parole vendredi au Sénat, en espérant un acquittement rapide de l'ex-président américain accusé d'"incitation à l'insurrection" dans l'assaut du Capitole. Le président Joe Biden, qui a passé plus de 35 ans sur les bancs de la Chambre haute du Congrès, s'est dit "impatient" de voir ce que ses "amis" républicains feraient lors du vote qui pourrait intervenir ce week-end, espérant qu'ils prendraient "leurs responsabilités".

A partir de midi (18H00 HB), les avocats du 45e président des Etats-Unis tenteront de démonter l'argumentaire des procureurs démocrates qui, pendant deux jours, sont revenus sur l'attaque sanglante du 6 janvier dans un exposé implacable, truffé de vidéos choc.

"Le président (Donald Trump, ndlr) est très optimiste", a affirmé jeudi sur Fox News l'un de ses avocats, David Schoen, en promettant un court exposé, de moins de quatre heures, devant les cent sénateurs, juges, jurés et témoins de ce procès historique. "Comme je le disais depuis le début de ce truc, ce procès n'aurait jamais dû arriver et s'il devait se produire, il devrait être aussi court que possible, compte tenu de l'absence totale de preuves", a-il asséné.

Non seulement la défense rejette en bloc toute responsabilité de son client dans l'assaut donné par des centaines de ses partisans à la fin de son grand discours, le 6 janvier. Mais elle estime en outre que la procédure en destitution dans son ensemble n'est pas conforme à la Constitution, puisqu'il n'est plus président.

L'émotion provoquée jusque dans les rangs des républicains par les dures images de l'assaut? "C'est ce qui arrive quand on fait appel à un studio de cinéma", a rétorqué David Schoen. "Ils n'ont absolument pas relié Donald Trump à tout ça."

Joe Biden, resté en retrait depuis le début du procès, a dit vendredi qu'il n'évoquerait pas le dossier avec des sénateurs. La veille, il avait espéré que l'exposé des procureurs ait fait bouger les lignes et convaincu certains élus républicains.

L'ancien magnat de l'immobilier reste toutefois très populaire dans son parti et il est très peu probable que 17 sénateurs républicains acceptent de voter avec les 50 sénateurs démocrates pour former la majorité qualifiée nécessaire à sa condamnation.

Après les arguments de la défense, ce sera au tour des sénateurs de poser par écrit leurs questions aux deux parties.

Le rythme du procès s'est accéléré, au point que David Schoen avançait jeudi qu'un verdict pourrait être rendu avant lundi.